Pourquoi ressent-on des étourdissements pendant les règles ?
L’étourdissement pendant les règles est un symptôme fréquent, souvent lié à plusieurs mécanismes physiologiques interconnectés. La cause la plus courante est l’anémie ferriprive secondaire à une ménorragie — c’est-à-dire des pertes menstruelles abondantes — qui entraîne une diminution de la concentration en hémoglobine et, par conséquent, une moindre capacité du sang à transporter l’oxygène vers le cerveau. Cette hypoxie tissulaire peut se manifester par des vertiges, une fatigue intense, une pâleur cutanée et une palpitation.
Par ailleurs, les fluctuations hormonales caractéristiques de la phase lutéale et du début des règles — notamment la chute brutale des œstrogènes et de la progestérone — peuvent influencer la régulation vasomotrice et la pression artérielle, favorisant des épisodes d’hypotension orthostatique ou de vertige postural. Certaines patientes présentent également une sensibilité accrue aux variations de la sérotonine centrale liées au cycle, ce qui peut contribuer à des troubles de l’équilibre ou à une sensation de tête légère.
Il convient aussi d’évoquer des facteurs concomitants : déshydratation relative (liée à la rétention hydrique prémenstruelle suivie d’une diurèse accrue), hypoglycémie fonctionnelle (surtout en cas de modifications de l’appétit ou de prise alimentaire irrégulière), ou encore migraines menstruelles associées à des aura vestibulaires. Enfin, dans certains cas, un bilan étiologique approfondi est nécessaire pour écarter des causes non gynécologiques telles qu’un trouble de la fonction thyroïdienne, une dysautonomie ou une pathologie neurologique sous-jacente.
Une consultation médicale est recommandée si les étourdissements sont récurrents, invalidants, accompagnés de syncope, de céphalées intenses, de troubles visuels ou neurologiques, ou s’ils apparaissent brutalement hors de tout contexte menstruel. Le diagnostic repose sur l’interrogatoire minutieux, la mesure de la tension artérielle en position couchée et debout, un bilan biologique incluant la ferritine, l’hémoglobine, la TSH et la glycémie à jeun, et, selon les éléments cliniques, des examens complémentaires adaptés.