Comment traiter un adénome surrénalien ?
Le traitement d’un adénome surrénalien dépend principalement de sa nature fonctionnelle (sécrétant ou non), de sa taille, de ses caractéristiques radiologiques et de la présence ou non de signes cliniques évocateurs d’une hyperfonction corticosurrénalienne, d’un phéochromocytome ou d’un syndrome de Cushing. En l’absence de sécrétion hormonale avérée et si le nodule est inférieur à 4 cm, avec des critères d’imagerie bénins (densité homogène <10 UH en tomodensitométrie sans rehaussement rapide ni lavage lent), une surveillance clinique et radiologique annuelle est généralement recommandée.
Lorsque l’adénome est fonctionnel — par exemple sécrétant du cortisol (causant un syndrome de Cushing subclinique ou patent), des catécholamines (suspecté en cas d’hypertension paroxystique, céphalées, sueurs profuses) ou des aldostérone (responsable d’hypokaliémie et d’hypertension réfractaire) — une prise en charge spécialisée est indispensable. Le bilan hormonal préopératoire doit être complet : dosage plasmatique et urinaire des cortisol libres, métabolites des catécholamines (métanéphrines plasmatiques et urinaires), aldostérone plasmatique et rénine active, éventuellement complété par des tests de freinage ou de stimulation selon le contexte clinique.
La chirurgie, par voie laparoscopique transpéritonéale ou rétropéritonéale, constitue le traitement de référence pour les adénomes fonctionnels ou suspects de malignité (taille >6 cm, croissance rapide, densité hétérogène, rehaussement tardif en IRM ou TDM). Une préparation médicale préopératoire est obligatoire en cas de phéochromocytome suspecté : blocage alpha-adrénergique prolongé (phénoxybenzamine ou doxazosine) pendant au moins 7 à 14 jours, suivi si nécessaire d’un blocage bêta pour contrôler la tachycardie. En cas d’hypercortisolisme, une couverture glucocorticoïdienne peropératoire est systématique pour prévenir une insuffisance surrénalienne aiguë.
Après exérèse, un suivi endocrinien régulier est requis pour évaluer la normalisation hormonale, dépister une récidive ou une insuffisance surrénalienne résiduelle, notamment chez les patients opérés pour un syndrome de Cushing. Une imagerie de contrôle peut être indiquée selon les circonstances, mais n’est pas systématique en l’absence de facteurs de risque évocateurs.