Que faire lorsque l’enfant se gratte le nez jusqu’au saignement ?
Lorsqu’un enfant se gratte le nez et que cela entraîne un saignement, il s’agit très souvent d’un épistaxis bénin, principalement localisé dans la région antérieure du septum nasal — plus précisément
Lorsqu’un enfant se gratte le nez et que cela entraîne un saignement, il s’agit très souvent d’un épistaxis bénin, principalement localisé dans la région antérieure du septum nasal — plus précisément à la zone de Kiesselbach, une zone richement vascularisée située dans la partie inféro-antérieure du septum. Ce type de saignement est fréquent chez les jeunes enfants, en raison de la fragilité des vaisseaux sanguins nasaux, de la sécheresse muqueuse (surtout en hiver ou dans les environnements chauffés), de l’irritation liée aux allergies ou aux infections respiratoires, ou encore d’un traumatisme mécanique répété lors du grattage.
La prise en charge immédiate repose sur des mesures simples mais essentielles : faire asseoir l’enfant légèrement penché vers l’avant (jamais allongé ni la tête inclinée en arrière), appliquer une pression ferme et continue avec le pouce et l’index sur les ailes du nez pendant 5 à 10 minutes, tout en encourageant une respiration buccale calme. Il est crucial d’éviter toute tentative d’insertion de coton ou de mouchoirs dans les narines, car cela peut perturber la formation du caillot ou provoquer une récidive. Une fois l’hémorragie arrêtée, il est recommandé d’humidifier localement la muqueuse nasale avec une crème à base de vaseline ou une pommade antibiotique à usage local, afin de prévenir la croûte et les nouvelles lésions.
En cas de récidives fréquentes (plus de deux épisodes par semaine), de saignements prolongés (dépassant 20 minutes malgré une bonne technique de compression), d’association à d’autres signes comme des ecchymoses spontanées, des saignements gingivaux ou une fatigue inhabituelle, une évaluation médicale approfondie s’impose. Elle peut inclure un examen rhinoscopique, une numération formule sanguine complète, voire une étude de la fonction plaquettaire ou de la coagulation, afin d’éliminer des causes sous-jacentes telles qu’une thrombopénie, un trouble de la coagulation congénital ou acquis, ou une pathologie locale (polype, tumeur rare).
La prévention repose sur l’hydratation nasale régulière (spray saline physiologique plusieurs fois par jour), l’évitement des facteurs déshydratants (air trop sec, climatisation excessive), l’enseignement à l’enfant de ne pas introduire ses doigts dans les narines, et la prise en charge adéquate des rhinites allergiques ou infectieuses. Dans certains cas réfractaires, une cautérisation au nitrate d’argent ou une embolisation sélective peuvent être envisagées sous contrôle endoscopique, après avis spécialisé ORL.