Comment traiter l’arthrose dégénérative ?
Les arthroses dégénératives, ou arthroses primitives, constituent la forme la plus fréquente d’arthrite chez l’adulte. Elles résultent d’un processus progressif de dégradation du cartilage articulaire
Les arthroses dégénératives, ou arthroses primitives, constituent la forme la plus fréquente d’arthrite chez l’adulte. Elles résultent d’un processus progressif de dégradation du cartilage articulaire, associé à des modifications osseuses réactionnelles (ostéophytes), une inflammation synoviale modérée et des altérations des structures périarticulaires — ligaments, tendons et muscles. Bien qu’irréversible, cette pathologie peut être efficacement prise en charge par une stratégie thérapeutique multimodale visant à soulager la douleur, préserver la fonction articulaire et ralentir la progression structurale.
La prise en charge initiale repose systématiquement sur des mesures non pharmacologiques : perte de poids chez les patients en surcharge pondérale (chaque kilogramme perdu réduit de 4 kg la charge mécanique au niveau du genou), rééducation fonctionnelle personnalisée incluant renforcement musculaire, amélioration de la proprioception et correction des déséquilibres biomécaniques, ainsi que l’adaptation des activités quotidiennes pour limiter les microtraumatismes répétés. Ces interventions sont fondamentales, car elles agissent directement sur les facteurs de risque modifiables et améliorent significativement la qualité de vie sans effets secondaires.
En complément, les traitements médicamenteux sont prescrits de façon hiérarchisée. Les antalgiques simples comme le paracétamol restent une première option, bien que leur efficacité soit modeste dans les formes modérées à sévères. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être utilisés à faible dose et pour des durées limitées, avec une vigilance particulière chez les patients âgés ou présentant des comorbidités cardiovasculaires ou gastro-intestinales. Des infiltrations intra-articulaires de corticoïdes sont parfois indiquées en cas de poussée inflammatoire aiguë, tandis que l’injection d’acide hyaluronique reste controversée, réservée à certains cas sélectionnés après échec des autres approches.
Dans les stades avancés, lorsque les traitements conservateurs échouent et que la douleur chronique ou la gêne fonctionnelle devient invalidante, la chirurgie orthopédique constitue une alternative validée. La mise en place d’une prothèse articulaire — notamment au niveau de la hanche ou du genou — permet une restauration spectaculaire de la mobilité et une disparition quasi complète de la douleur chez la majorité des patients. Des techniques moins invasives, comme la chirurgie de rattrapage osseux (ostéotomie) ou la greffe de cartilage, peuvent être envisagées chez des patients jeunes et sélectionnés, mais leur indication reste stricte et nécessite une évaluation spécialisée.
Enfin, des recherches actives explorent de nouvelles pistes thérapeutiques : thérapies régénératives (cellules mésenchymateuses, facteurs de croissance), molécules ciblant spécifiquement les voies de dégradation du cartilage ou de remodelage osseux, et dispositifs de stimulation électromagnétique ou ultrasonore. Aucune n’a encore fait la preuve de son efficacité clinique suffisante pour être intégrée aux recommandations officielles, mais elles illustrent l’évolution vers une médecine plus personnalisée et structurellement active.