Que faire en cas d’urine foncée et de diminution du volume urinaire en fin de grossesse ?
Lorsque vous observez une urine plus foncée et une diminution du volume urinaire en fin de grossesse, cela mérite une évaluation attentive, car il peut s’agir d’un signe de déshydratation — fréquente à ce stade en raison de la pression utérine sur la vessie, des nausées persistantes, ou d’une ingestion insuffisante de liquides. Il est essentiel de vérifier que la couleur de l’urine reste claire à jaune paille ; une teinte jaune foncé, ambrée ou brunâtre, associée à une oligurie (diurèse inférieure à 500 mL/24 h), doit inciter à augmenter rapidement l’apport hydrique (1,5 à 2 L d’eau par jour, répartis régulièrement) et à surveiller les signes d’alerte : soif intense, bouche sèche, vertiges orthostatiques, diminution de la tension artérielle, ou absence de miction depuis plus de 6 à 8 heures.
Cependant, cette symptomatologie peut aussi refléter des troubles plus graves nécessitant une prise en charge immédiate : une prééclampsie (avec hypertension, protéinurie et parfois hémoconcentration), une infection urinaire ascendante (pyélonéphrite), une cholestase gravidique (caractérisée par une prurit généralisé et une élévation des acides biliaires sériques), ou encore une atteinte rénale aiguë secondaire à une hypoperfusion placentaire ou à un syndrome hémolytique et urémique atypique. Une analyse d’urine (cytobactériologique et bandelette urinaire), une natrémie, une créatininémie, une NFS, une ASAT/ALAT et une mesure des acides biliaires doivent donc être réalisées sans délai si les symptômes persistent malgré une bonne hydratation ou s’accompagnent de céphalées, troubles visuels, œdèmes importants, douleurs épigastriques ou fièvre.
En pratique clinique, toute femme enceinte au troisième trimestre présentant une oligurie associée à une urine foncée doit consulter dans les 24 heures, voire immédiatement en cas de signes systémiques évocateurs. Ne pas reporter l’évaluation : la surveillance obstétricale et néphrologique précoce permet de prévenir des complications materno-fœtales sérieuses, notamment l’insuffisance rénale aiguë, le détachement prématuré du placenta ou l’accouchement prématuré iatrogène.