Comment traiter une inflammation des voies respiratoires supérieures ?
Le traitement de l’inflammation des voies respiratoires supérieures (VRS) dépend étroitement de sa cause sous-jacente, de la gravité des symptômes et du statut clinique global du patient. Dans la grande majorité des cas — soit environ 90 % — il s’agit d’une infection virale bénigne (rhinovirus, coronavirus, virus influenza, adénovirus, etc.), pour laquelle le traitement reste essentiellement symptomatique et soutenant.
Les mesures non pharmacologiques constituent la première ligne de prise en charge : repos suffisant, hydratation orale adéquate (1,5 à 2 L/jour chez l’adulte), humidification de l’air ambiant, rinçages nasaux au sérum physiologique isotonique (particulièrement utile chez les enfants et en cas de congestion nasale importante), et éviction des irritants respiratoires (tabac, pollution, aérosols).
Sur le plan médicamenteux, les antalgiques-antipyrétiques comme le paracétamol (en première intention) ou l’ibuprofène (chez l’adulte et l’enfant > 3 mois, en l’absence de contre-indication) permettent de soulager fièvre, céphalées, myalgies et douleurs pharyngées. Les décongestionnants nasaux topiques (ex. : oxymétazoline, xylométazoline) peuvent être utilisés ponctuellement (max. 5 à 7 jours) pour améliorer la respiration nasale, mais leur utilisation prolongée expose au risque de rhinite médicamenteuse. Les antihistaminiques ne sont pas recommandés en routine dans les VRS virales, sauf en cas de manifestations allergiques associées.
L’antibiothérapie n’a **aucune indication** dans les formes virales isolées. Elle n’est justifiée que dans les rares cas de surinfection bactérienne avérée, tels qu’une sinusite bactérienne aiguë compliquée (symptômes persistants > 10 jours, aggravation après amélioration initiale, ou fièvre élevée avec purulence nasale bilatérale), une angine streptococcique documentée (test rapide ou culture positive), ou une otite moyenne aiguë sévère chez le nourrisson. Dans ces situations, l’amoxicilline reste l’antibiotique de première intention.
Une consultation médicale est impérative en cas de signes d’alerte : dyspnée, stridor, cyanose, troubles de la conscience, fièvre persistante > 38,5 °C plus de 48 heures chez le nourrisson < 3 mois, déshydratation (peau sèche, oligurie, fontanelle déprimée), ou symptômes évolutifs inhabituels (ex. : raideur de nuque, éruption cutanée non blanchissante). Chez les patients immunodéprimés, âgés ou porteurs de comorbidités respiratoires chroniques (BPCO, asthme sévère), une évaluation précoce est également recommandée.