Que faire en cas de cholestérol sanguin élevé ?
Lorsque le taux de cholestérol sanguin est élevé — une situation courante qualifiée d’hypercholestérolémie — il ne s’agit pas d’une maladie en soi, mais d’un facteur de risque majeur pour les maladies
Lorsque le taux de cholestérol sanguin est élevé — une situation courante qualifiée d’hypercholestérolémie — il ne s’agit pas d’une maladie en soi, mais d’un facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires, notamment l’athérosclérose, l’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral. Cette anomalie lipidique peut être d’origine génétique (comme dans l’hypercholestérolémie familiale), liée à des choix de vie ou secondaire à d’autres pathologies telles que le diabète, l’hypothyroïdie ou une insuffisance rénale chronique.
La prise en charge repose sur une évaluation complète : dosage des lipides plasmatiques (cholestérol total, LDL-cholestérol, HDL-cholestérol et triglycérides), recherche d’antécédents familiaux précoces de maladies coronariennes, bilan des comorbidités et estimation du risque cardiovasculaire global (notamment via les scores ASCVD ou SCORE2). Le LDL-cholestérol reste la cible thérapeutique principale, car il joue un rôle central dans la formation des plaques d’athérome.
Les mesures non pharmacologiques constituent la première ligne de traitement : adoption d’un régime méditerranéen riche en fibres solubles (avoine, légumineuses, fruits), en acides gras monoinsaturés (huile d’olive, oléagineux) et oméga-3 (poissons gras), avec limitation stricte des graisses saturées (viandes grasses, produits laitiers entiers, pâtisseries industrielles) et interdiction des acides gras trans. L’activité physique régulière (150 minutes/semaine d’effort modéré), l’arrêt du tabac et la gestion du poids sont également essentielles.
Lorsque les objectifs thérapeutiques ne sont pas atteints après trois à six mois de modifications du mode de vie — ou dès le diagnostic chez les patients à haut ou très haut risque cardiovasculaire — un traitement médicamenteux est initié. Les statines restent la classe thérapeutique de référence, agissant par inhibition de la HMG-CoA réductase. En cas d’intolérance ou d’insuffisance de réponse, des alternatives comme les inhibiteurs de PCSK9 (évolutumab, alirocumab), l’ézétimibe ou le bempedoïc peuvent être associés ou utilisés en monothérapie selon le profil du patient.
Un suivi régulier est indispensable : contrôle lipidique à 4–12 semaines après début ou ajustement du traitement, puis tous les 6 à 12 mois une fois la cible atteinte. L’adhésion thérapeutique, souvent sous-estimée, conditionne largement l’efficacité du dispositif préventif. Une approche personnalisée, centrée sur le dialogue partagé et l’éducation thérapeutique, s’avère déterminante pour réduire durablement la morbi-mortalité cardiovasculaire.