Bienfaits et effets indésirables de la réglisse : ce qu’il faut savoir
La réglisse, ou racine de réglisse (Glycyrrhiza glabra), est une plante médicinale utilisée depuis des siècles en médecine traditionnelle chinoise et en phytothérapie occidentale. Ses propriétés pharm
La réglisse, ou racine de réglisse (Glycyrrhiza glabra), est une plante médicinale utilisée depuis des siècles en médecine traditionnelle chinoise et en phytothérapie occidentale. Ses propriétés pharmacologiques sont principalement attribuées à la glycyrrhizine, un triterpène saponine doté d’effets anti-inflammatoires, antiviraux et mucoprotecteurs.
Cliniquement, l’extrait de réglisse est reconnu pour son action bénéfique dans les affections respiratoires bénignes : il fluidifie les sécrétions bronchiques, apaise l’irritation de la muqueuse pharyngolaryngée et atténue la toux sèche grâce à son effet émollient et expectorant modéré. En gastro-entérologie, il est également utilisé comme adjuvant dans la prise en charge des gastrites légères et des ulcères gastroduodénaux, notamment sous forme déglycyrrhizinée (DGL), qui préserve ses effets cytoprotecteurs sans les risques liés à la rétention hydrosodée.
Toutefois, une consommation non surveillée — surtout sous forme brute ou concentrée — comporte des risques significatifs. La glycyrrhizine inhibe l’enzyme 11β-hydroxystéroïde déshydrogénase de type 2, ce qui entraîne une accumulation fonctionnelle de cortisol au niveau des récepteurs minéralocorticoïdes rénaux. Ce mécanisme peut provoquer une hypertension artérielle, une hypokaliémie, une rétention hydro-sodée et, dans les cas sévères, une insuffisance cardiaque congestive ou des troubles du rythme ventriculaire.
Ces effets indésirables sont particulièrement redoutés chez les personnes âgées, les patients hypertendus, ceux souffrant d’insuffisance cardiaque ou rénale, ainsi que chez les femmes enceintes ou allaitantes. L’Agence européenne des médicaments (EMA) recommande une limite maximale de 100 mg/jour de glycyrrhizine pour une durée limitée à quatre semaines, avec une surveillance clinique stricte chez les sujets à risque.
En pratique clinique, la réglisse ne doit jamais être considérée comme un substitut à un traitement médical validé. Son usage nécessite une évaluation individuelle du rapport bénéfice/risque, une information claire du patient sur les signes d’alerte (céphalées persistantes, œdèmes, palpitations, faiblesse musculaire) et une réévaluation régulière par un professionnel de santé.