Les selles vertes chez les nourrissons allaités au sein et au biberon
Lorsqu’un nourrisson allaité au sein et au biberon présente des selles verdâtres, cela suscite souvent l’inquiétude des parents. Ce changement de couleur n’est toutefois pas nécessairement pathologiqu
Lorsqu’un nourrisson allaité au sein et au biberon présente des selles verdâtres, cela suscite souvent l’inquiétude des parents. Ce changement de couleur n’est toutefois pas nécessairement pathologique : il peut refléter des variations physiologiques liées à la composition du lait reçu, à la maturation du système digestif ou à la vitesse de transit intestinal.
Les selles vertes chez un bébé en allaitement mixte — c’est-à-dire combinant le lait maternel et une préparation infantile — sont fréquemment associées à une surcharge en lactose ou à une prédominance de « lait avant » (le lait plus aqueux, riche en lactose, sécrété en début de tétée). Ce déséquilibre peut accélérer le transit colique, empêchant la bilirubine conjuguée d’être suffisamment transformée par la flore intestinale en urobilinogène brun, ce qui confère aux selles une teinte verdâtre.
Une autre cause fréquente est l’introduction progressive de lait infantile, dont la teneur en fer non héminique (souvent ajouté de façon prophylactique) peut induire une coloration verdâtre sans signe clinique associé. Cette pigmentation est bénigne et ne traduit ni une intolérance, ni une carence, ni un trouble métabolique.
Il convient toutefois de rester vigilant face à certains signes d’alerte : selles liquides abondantes et répétées accompagnées de fièvre, de vomissements persistants, de déshydratation (peau sèche, fontanelle enfoncée, diminution de la diurèse), ou de sang visible dans les selles. Dans ces cas, une évaluation pédiatrique est indispensable pour écarter une infection gastro-intestinale, une allergie aux protéines du lait de vache ou une maladie inflammatoire sous-jacente.
En l’absence de symptômes associés, les selles verdâtres isolées chez un nourrisson en allaitement mixte ne justifient pas de modification du régime ni de prescription thérapeutique. Une surveillance clinique régulière, une bonne prise en charge de la technique d’allaitement (notamment pour assurer une vidange adéquate du sein) et un suivi de la prise de poids sont les mesures prioritaires.