Cinq contre-indications essentielles à connaître avant de boire une infusion de réglisse
La réglisse, ou racine de réglisse (Glycyrrhiza glabra), est une plante médicinale largement utilisée en phytothérapie pour ses propriétés anti-inflammatoires, mucoprotectrices et antitussives. Toutef
La réglisse, ou racine de réglisse (Glycyrrhiza glabra), est une plante médicinale largement utilisée en phytothérapie pour ses propriétés anti-inflammatoires, mucoprotectrices et antitussives. Toutefois, son administration orale sous forme d’infusion — couramment appelée « eau de réglisse » — comporte des contre-indications strictes qu’il est essentiel de connaître afin d’éviter des complications cliniques sérieuses.
La première contre-indication concerne les personnes souffrant d’hypertension artérielle ou de troubles électrolytiques. La glycyrrhizine, principe actif majeur de la réglisse, inhibe l’enzyme 11β-hydroxystéroïde déshydrogénase de type 2, ce qui entraîne une accumulation fonctionnelle de cortisol au niveau des récepteurs minéralocorticoïdes rénaux. Ce mécanisme provoque une rétention sodée, une perte potassique et une élévation de la pression artérielle — un syndrome pseudo-aldostéronique pouvant survenir même après une consommation modérée et prolongée.
Deuxièmement, l’infusion de réglisse est formellement contre-indiquée chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque, d’insuffisance rénale chronique ou d’hypokaliémie avérée. Dans ces situations, le risque d’aggravation de la rétention hydrosodée, d’arythmies ventriculaires liées à l’hypokaliémie ou de décompensation cardiaque est significativement accru.
Troisièmement, les femmes enceintes ou allaitantes doivent éviter toute consommation de réglisse non standardisée. Des études épidémiologiques suggèrent une association entre une ingestion élevée de glycyrrhizine pendant la grossesse et un risque accru de troubles du comportement chez l’enfant, notamment une diminution de la capacité d’attention et une augmentation de l’hyperactivité, probablement liée à une exposition fœtale excessive au cortisol.
Quatrièmement, la réglisse interagit de façon cliniquement pertinente avec plusieurs classes thérapeutiques : elle peut amplifier les effets hypokaliémiants des diurétiques thiazidiques et des inhibiteurs de l’enzyme de conversion, réduire l’efficacité des anticoagulants oraux comme la warfarine, et potentialiser les effets hypertenseurs des sympathomimétiques. Une surveillance pharmacologique rigoureuse est donc indispensable en cas de polythérapie.
Enfin, l’usage prolongé — supérieur à deux semaines — ou à forte dose (> 100 mg/jour de glycyrrhizine) est déconseillé chez tout individu, y compris en bonne santé, en raison du risque d’apparition d’un syndrome de pseudo-hyperaldostéronisme, caractérisé par céphalées, asthénie, myalgies, œdèmes périphériques et, dans les formes sévères, par une paralysie transitoire des membres inférieurs secondaire à une hypokaliémie profonde.