Pourquoi ma peau des pieds s’écaille-t-elle constamment ?
L’hyperkératose plantaire, ou « peau qui s’écaille fréquemment sur les pieds », est un phénomène courant pouvant avoir plusieurs causes. Il s’agit d’un épaississement anormal de la couche cornée (stratum corneum) en réponse à des facteurs mécaniques, environnementaux ou pathologiques. Les zones les plus touchées sont généralement les talons, les bords externes des pieds et les zones de pression sous les métatarsiens.
Les causes les plus fréquentes incluent le frottement répété ou la pression chronique — souvent liés à des chaussures mal adaptées, trop serrées ou sans soutien adéquat — ainsi que la sécheresse cutanée (xérose), particulièrement marquée en hiver ou chez les personnes âgées, en raison d’une diminution naturelle de la production de sébum et de ceramides. Des mycoses des pieds (dermatophytose plantaire), notamment dues à Trichophyton rubrum, peuvent également provoquer un desquamation associée à des démangeaisons, des fissures ou une rougeur périphérique.
D’autres étiologies moins communes mais à ne pas négliger comprennent le psoriasis en plaques (avec des squames blanchâtres épaisses, bien délimitées, parfois associées à des lésions au niveau des ongles ou des articulations), l’eczéma dyshidrotique (caractérisé par de petites vésicules prurigineuses sur les semelles ou les bords des orteils), ou encore des troubles métaboliques comme l’hypothyroïdie ou le diabète sucré, qui altèrent la microcirculation et la régénération épidermique.
Un bilan clinique rigoureux est indispensable : examen dermatologique complet, recherche de signes inflammatoires, de lésions unguéales ou de modifications systémiques. En cas de doute diagnostique, un prélèvement mycologique (scraping cutané avec examen direct et culture) ou une biopsie cutanée peuvent être nécessaires. La prise en charge repose sur l’élimination des facteurs déclenchants (chaussures ergonomiques, hygiène podologique régulière), l’hydratation quotidienne avec des émollients riches en urée (10–25 %), des kératolytiques locaux (acide salicylique à faible concentration), et, selon la cause identifiée, un traitement antifongique, anti-inflammatoire ou systémique adapté.