Quel est le traitement de l’hépatite B aiguë ?
L’hépatite B aiguë est une infection virale du foie causée par le virus de l’hépatite B (VHB), généralement contractée par exposition percutanée ou muqueuse à du sang ou à des liquides biologiques contaminés. Dans la grande majorité des cas chez l’adulte immunocompétent, l’infection évolue de façon autolimitée : le système immunitaire élimine spontanément le virus dans les 6 mois suivant l’infection. Le traitement repose donc principalement sur une prise en charge symptomatique et un suivi clinique et biologique rigoureux.
Il n’existe pas d’antiviral spécifique recommandé en première intention pour l’hépatite B aiguë. Contrairement à l’hépatite B chronique, l’utilisation de médicaments antiviraux tels que l’entécavir, le ténofovir ou la lamivudine n’est pas justifiée dans la phase aiguë, sauf dans des situations exceptionnelles — notamment en cas d’hépatite fulminante (insuffisance hépatocellulaire sévère avec encéphalopathie hépatique, troubles de la coagulation et altération de la conscience), où une hospitalisation en unité de soins intensifs et une évaluation rapide pour transplantation hépatique sont indispensables. Dans ces cas rares, un antiviral peut être initié en urgence sous surveillance spécialisée.
La prise en charge standard inclut la suppression de tout agent hépatotoxique (notamment l’alcool, les médicaments métabolisés par le foie comme le paracétamol à doses élevées, et les compléments hépatotoxiques), une hydratation adéquate, un repos modéré selon la tolérance, et un suivi sérologique régulier (AgHBs, Ac anti-HBc IgM, Ac anti-HBs, ADN viral) pour confirmer la résolution de l’infection. Une surveillance des enzymes hépatiques (ASAT, ALAT), de la bilirubine, de la protidémie et de la fonction de synthèse (TP, albumine) est essentielle pour détecter précocement toute aggravation.
Enfin, il est crucial de proposer une vaccination contre l’hépatite B aux personnes à risque non vaccinées (entourage proche, partenaires sexuels), ainsi qu’un dépistage systématique chez les contacts exposés, afin de prévenir la transmission secondaire. Une fois la guérison confirmée (disparition de l’AgHBs et apparition des Ac anti-HBs), l’immunité est durable et la réinfection extrêmement rare.