Qu’est-ce qu’un polype utérin ?
Les polypes utérins sont des excroissances bénignes, généralement peu volumineuses, qui se développent à partir de l’endomètre — c’est-à-dire la muqueuse qui tapisse la cavité utérine. Ils résultent d’une prolifération localisée et désordonnée des glandes endométriales et du tissu conjonctif sous-jacent. Bien que leur cause exacte ne soit pas toujours établie avec certitude, ils sont fréquemment associés à un déséquilibre hormonal, notamment à une exposition prolongée aux œstrogènes non contrebalancée par la progestérone (ex. : ménopause précoce, obésité, syndrome des ovaires polykystiques ou traitement œstrogénique non associé à une progestine).
Ces lésions sont très courantes, surtout chez les femmes en âge de procréer et après la ménopause. La plupart sont asymptomatiques et découvertes fortuitement lors d’un examen échographique ou d’une hystéroscopie réalisée pour une autre indication. Toutefois, certains polypes peuvent provoquer des saignements anormaux : métrorragies, saignements intermenstruels, ménorragies ou saignements post-ménopausiques — ce dernier signe devant toujours faire l’objet d’une investigation rigoureuse, car il peut révéler une pathologie plus grave, y compris un cancer de l’endomètre.
Le diagnostic repose principalement sur l’échographie transvaginale, souvent complétée par une hystérosonographie (échographie avec instillation saline) pour mieux caractériser la lésion. L’hystéroscopie diagnostique reste la référence pour visualiser directement le polype et évaluer sa taille, son nombre, sa localisation et son aspect morphologique. Dans certains cas, une biopsie endométriale ou une curetage ciblé peut être nécessaire pour exclure une hyperplasie ou une néoplasie endométriale.
La prise en charge dépend de plusieurs facteurs : présence ou absence de symptômes, taille et nombre des polypes, âge de la patiente, désir de grossesse et comorbidités. Les petits polypes asymptomatiques peuvent être surveillés cliniquement et échographiquement. En revanche, tout polype symptomatique, tout polype supérieur à 10 mm, tout polype chez une femme post-ménopausée ou toute lésion suspecte à l’imagerie justifie une exérèse hystéroscopique. Cette procédure, réalisée sous anesthésie locale ou générale selon le contexte, est à la fois diagnostique et thérapeutique, et permet une analyse histologique systématique du prélèvement.
Le pronostic est excellent dans la grande majorité des cas, car les polypes utérins sont bénins. Toutefois, un risque de récidive existe, estimé entre 15 % et 25 % dans les deux années suivant l’exérèse, particulièrement chez les femmes présentant des facteurs de risque hormonaux persistants. Un suivi adapté, personnalisé et régulier est donc recommandé.