Quels sont les traitements de la néphrite aiguë ?
L’atteinte rénale aiguë, ou néphrite aiguë, nécessite une prise en charge médicale rapide et adaptée, car elle peut évoluer vers une insuffisance rénale aiguë ou des complications systémiques graves. Le traitement repose d’abord sur l’identification précise de la cause sous-jacente — souvent une infection streptococcique post-angineuse ou post-scarlatine, mais aussi une vascularite (comme la granulomatose à éosinophiles avec polyangéite), une glomérulonéphrite membranoproliférative, ou une atteinte immuno-allergique (ex. : suite à un médicament ou une infection virale). Une évaluation complète inclut la mesure de la créatinine sérique, du débit de filtration glomérulaire estimé (eGFR), l’analyse d’urine (recherche de protéines, hématurie microscopique ou macroscopique, cylindres hématiques), ainsi que des examens sérologiques (C3, C4, anticorps anti-GBM, ANCA, anticorps anti-ADN) et, si nécessaire, une biopsie rénale.
Le traitement spécifique dépend du diagnostic étiologique : les formes post-infectieuses sont généralement autolimitées et requièrent surtout un soutien symptomatique — restriction modérée en sel et en protéines, contrôle de la pression artérielle (souvent avec des inhibiteurs de l’enzyme de conversion ou des antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II), diurétiques en cas d’œdème, et surveillance étroite de la fonction rénale. En revanche, les formes auto-immunes ou vasculitiques exigent une immunosuppression précoce : corticothérapie à forte dose (ex. : prednisone 1 mg/kg/jour), associée à des agents cytostatiques comme le cyclophosphamide ou le mycophénolate mofétil, voire des thérapeutiques ciblées (rituximab dans certaines vasculites). Dans les formes sévères avec syndrome néphrotique ou insuffisance rénale aiguë, une dialyse temporaire peut être indispensable.
Un suivi régulier est essentiel : contrôle mensuel de la pression artérielle, des paramètres rénaux (créatinine, protéinurie), et de la sédimentologie urinaire pendant au moins six à douze mois, afin de détecter toute évolution vers une néphropathie chronique. La prévention repose sur le traitement adéquat des infections ORL, la vaccination antistreptococcique chez les sujets à risque, et l’éviction des agents néphrotoxiques connus (AINS, aminosides, contraste iodé). Une collaboration étroite entre médecin généraliste, néphrologue et, si besoin, rhumatologue ou infectiologue, garantit une prise en charge optimale et individualisée.