Quelles sont les causes de l’hypothyroïdie chez l’enfant ?
Les causes de l’hypothyroïdie chez l’enfant sont variées et dépendent en grande partie de l’âge au moment du diagnostic. Chez le nouveau-né, la forme congénitale est la plus fréquente : elle peut résulter d’une agénésie ou d’une hypoplasie thyroïdienne, d’un ectopie glandulaire (localisation anormale de la glande), ou de troubles génétiques affectant la synthèse des hormones thyroïdiennes (par exemple mutations des gènes *TSHR*, *PAX8*, *NKX2-1*, ou enzymes impliquées dans la biosynthèse de la thyroxine comme la thyroperoxydase). Une cause rare mais importante est le déficit congénital en hormone de stimulation thyroïdienne (TSH) d’origine hypothalamo-hypophysaire.
Chez le nourrisson et le jeune enfant, l’hypothyroïdie peut également être secondaire à une carence sévère en iode maternelle pendant la grossesse, ou à l’exposition transplacentaire d’anticorps anti-thyroïdiens maternels (notamment dans le cadre d’une thyroïdite auto-immune maternelle). Après l’âge de 2–3 ans, la cause la plus fréquente devient l’hypothyroïdie auto-immune, principalement la thyroïdite de Hashimoto, caractérisée par la présence d’auto-anticorps anti-thyroperoxydase (anti-TPO) et/ou anti-thyroglobuline (anti-Tg), avec infiltration lymphocytaire progressive de la glande.
D’autres étiologies moins courantes incluent les atteintes thyroïdiennes post-thérapeutiques (après chirurgie ou radio-iode), les infections virales (comme la thyroïdite subaiguë, rare chez l’enfant), certaines maladies systémiques (ex. syndrome de Down, syndrome de Turner), ou encore des médicaments interférant avec la synthèse ou la conversion des hormones thyroïdiennes (ex. amiodarone, lithium, interférons). Un bilan étiologique rigoureux — incluant dosage des hormones thyroïdiennes (TSH, T4 libre), des auto-anticorps, échographie thyroïdienne et, si nécessaire, scintigraphie — est indispensable pour orienter la prise en charge thérapeutique et le suivi à long terme.