Peut-on guérir d’une stérilité survenant après un avortement ?
Après une interruption volontaire de grossesse (IVG), il est tout à fait possible de concevoir à nouveau par la suite, et la grande majorité des femmes conservent une fertilité normale. L’IVG, qu’elle soit chirurgicale (aspiration sous vide) ou médicamenteuse (association de mifépristone et de misoprostol), n’affecte généralement pas durablement les fonctions ovarienne, utérine ou tubaire chez une femme en bonne santé.
Cependant, dans de rares cas, des complications peuvent survenir — notamment une infection pelvienne non traitée (salpingite), une adhérence intra-utérine (syndrome d’Asherman) après un curetage répété ou traumatique, ou une lésion cervicale séquellaire — pouvant altérer la fertilité. Ces situations restent exceptionnelles avec les pratiques actuelles, qui privilégient des techniques sécurisées, aseptiques et adaptées au contexte clinique.
Si, après une IVG, vous constatez un retard menstruel prolongé, des règles très clairsemées ou absentes, des douleurs pelviennes persistantes ou une impossibilité à concevoir après 12 mois (ou 6 mois si âgée de plus de 35 ans), une consultation gynécologique spécialisée est recommandée. Un bilan de fertilité complet peut alors être réalisé : échographie pelvienne transvaginale, dosage hormonal (FSH, LH, AMH, œstradiol), hysterosalpingographie ou hystéroscopie selon les hypothèses diagnostiques.
En résumé, ne pas être enceinte immédiatement après une IVG est physiologique et attendu : le cycle menstruel met quelques semaines à se rétablir. L’absence de grossesse ultérieure n’est pas une conséquence inéluctable de l’IVG, mais un signal à explorer de façon individualisée. Avec une prise en charge adaptée, la plupart des causes potentielles de troubles de la fertilité sont aujourd’hui diagnostiquées précocement et traitées efficacement.