Que manger en cas d’hyperuricémie ?
L’hyperuricémie, définie par une concentration sérique d’acide urique supérieure à 420 µmol/L chez l’homme et à 360 µmol/L chez la femme, constitue un facteur de risque majeur de goutte, de lithiase u
L’hyperuricémie, définie par une concentration sérique d’acide urique supérieure à 420 µmol/L chez l’homme et à 360 µmol/L chez la femme, constitue un facteur de risque majeur de goutte, de lithiase urique et de complications rénales. Bien que la prise en charge pharmacologique soit indispensable dans les formes symptomatiques ou sévères, les mesures diététiques restent un pilier fondamental de la prévention et du contrôle à long terme.
Une alimentation adaptée vise principalement à limiter l’apport en purines, précurseurs métaboliques de l’acide urique, tout en favorisant son élimination rénale. Les aliments à privilégier incluent les fruits frais (notamment les cerises, dont plusieurs études cliniques ont démontré un effet modulateur sur les niveaux d’acide urique), les légumes non transformés, les produits céréaliers complets, les laits écrémés et yaourts nature sans sucre ajouté, ainsi que les protéines végétales comme les lentilles ou les haricots secs — consommés avec modération mais sans interdiction absolue.
À l’inverse, il est recommandé d’éviter strictement les abats (foie, rognons, cervelle), les poissons gras (anchois, sardines, maquereau), les coquillages, les viandes transformées et les boissons sucrées contenant du sirop de fructose ou du glucose. L’alcool, surtout la bière et les spiritueux, doit être fortement limité ou supprimé, car il inhibe l’excrétion urinaire d’acide urique et stimule sa production hépatique.
Par ailleurs, une hydratation abondante (1,5 à 2 litres d’eau par jour) contribue à diluer l’urine et à prévenir la cristallisation des sels d’urate. Enfin, la perte de poids progressive chez les personnes en surcharge pondérale améliore significativement le métabolisme purinique — mais les régimes hypocaloriques très restrictifs doivent être évités, car ils peuvent provoquer une cétose transitoire et une élévation paradoxale de l’acide urique.