Que faire en cas de viscosité sanguine élevée ?
L’augmentation de la viscosité sanguine, souvent qualifiée d’« hyperviscosité », constitue un signe biologique non spécifique qui peut refléter diverses anomalies physiopathologiques sous-jacentes. El
L’augmentation de la viscosité sanguine, souvent qualifiée d’« hyperviscosité », constitue un signe biologique non spécifique qui peut refléter diverses anomalies physiopathologiques sous-jacentes. Elle n’est pas une maladie en soi, mais un indicateur métabolique ou hématologique nécessitant une investigation rigoureuse.
Cette élévation peut résulter de plusieurs mécanismes : une augmentation du nombre ou de l’anomalie des globules rouges (comme dans les polycythémies vraies ou secondaires), une hyperglobulinémie (notamment dans les lymphomes ou les myélomes multiples), une hyperlipidémie sévère, ou encore une déshydratation aiguë ou chronique. Certains médicaments — tels que les diurétiques thiazidiques ou les corticoïdes à forte dose — peuvent également contribuer à cet état.
Sur le plan clinique, l’hyperviscosité peut rester asymptomatique à un stade précoce, mais elle favorise la formation de thrombus et altère la microcirculation. Les patients peuvent alors présenter des céphalées persistantes, des vertiges, une vision floue, des troubles neurologiques transitoires ou, dans les cas graves, des accidents vasculaires cérébraux ou des infarctus myocardiques.
Le diagnostic repose sur la mesure de la viscosité plasmatique et sanguine totale au viscosimètre, complétée par une numération-formule sanguine complète, une électrophorèse des protéines sériques, une lipidogramme, une recherche de déshydratation (ionogramme, créatininémie, osmolalité) et, si nécessaire, des examens spécialisés comme la recherche de mutations JAK2 ou une ponction médullaire.
La prise en charge est strictement étiologique : réhydratation intraveineuse en cas de déshydratation, phlébotomie thérapeutique dans les polycythémies, chimiothérapie ciblée ou immunothérapie pour les hémopathies malignes, statines ou fibrates pour les dyslipidémies sévères. Dans les formes symptomatiques aiguës, une plasmaphérèse peut être indiquée pour réduire rapidement la viscosité.
Un suivi régulier, incluant des contrôles biologiques périodiques et une évaluation cardiovasculaire, est indispensable afin de prévenir les complications thromboemboliques à long terme.