Qu’est-ce que la résorption radiculaire ?
La résorption radiculaire est un phénomène pathologique caractérisé par la destruction progressive et irréversible du tissu dentinaire et du cément qui composent la racine d’une dent. Ce processus, mé
La résorption radiculaire est un phénomène pathologique caractérisé par la destruction progressive et irréversible du tissu dentinaire et du cément qui composent la racine d’une dent. Ce processus, médié principalement par des ostéoclastes et des cellules résorbantes similaires, entraîne une diminution de la longueur et/ou de l’épaisseur de la racine, compromettant ainsi l’ancrage dentaire dans l’os alvéolaire. Contrairement à la résorption physiologique observée pendant la période de renouvellement dentaire chez l’enfant, la résorption radiculaire pathologique chez l’adulte est toujours anormale et ne s’inverse pas spontanément.
Cette atteinte peut survenir de manière asymptomatique pendant de longues périodes, ce qui explique souvent son diagnostic tardif lors d’un examen radiographique systématique — notamment par radiographie panoramique ou cone-beam CT (CBCT). Les formes les plus fréquentes incluent la résorption externe inflammatoire (souvent associée à une pulpite chronique ou à une infection apicale), la résorption interne (d’origine pulpaire, liée à une inflammation chronique de la pulpe dentaire) et la résorption cervicale externe idiopathique, dont le mécanisme reste partiellement incompris mais pourrait impliquer des facteurs mécaniques, immunologiques ou hormonaux.
Les facteurs de risque identifiés comprennent les traumatismes dentaires répétés, les traitements orthodontiques mal contrôlés, les infections endodontiques persistantes, certaines pathologies systémiques (comme l’hyperparathyroïdie ou les maladies auto-immunes), ainsi que l’exposition prolongée à des agents chimiques ou à des radiations ionisantes. Le pronostic dépend étroitement du stade diagnostiqué : une détection précoce permet parfois de stabiliser la lésion par traitement étiologique (ex. : thérapeutique endodontique, extraction du stimulus inflammatoire), tandis qu’une résorption avancée peut imposer une extraction dentaire en raison de la perte sévère de support radiculaire.