Pourquoi les pertes vaginales sont-elles verdâtres ?
Un écoulement vaginal de couleur bleu-vert est une anomalie rare mais potentiellement significative sur le plan clinique. Cette coloration inhabituelle ne correspond pas à la physiologie normale des s
Un écoulement vaginal de couleur bleu-vert est une anomalie rare mais potentiellement significative sur le plan clinique. Cette coloration inhabituelle ne correspond pas à la physiologie normale des sécrétions vaginales, qui sont généralement transparentes, blanchâtres ou légèrement jaunâtres, et varient en consistance selon le cycle menstruel.
Cette teinte atypique peut résulter d’une infection bactérienne spécifique, notamment par Pseudomonas aeruginosa, un germe opportuniste capable de produire des pigments solubles dans l’eau, tels que la pyocyanine (bleue) et la pyoverdine (verte). Lorsqu’il colonise le tractus génital, ce micro-organisme peut induire un écoulement verdâtre à bleuté, souvent associé à une odeur caractéristique, à des démangeaisons, une sensation de brûlure ou des douleurs pelviennes.
D’autres causes moins fréquentes incluent des infections mixtes avec des germes producteurs de pigments, des réactions inflammatoires intenses accompagnées d’un exsudat purulent abondant, ou, exceptionnellement, une contamination externe (par exemple, certains produits cosmétiques ou désinfectants contenant des colorants azoïques). Il est essentiel d’exclure toute origine iatrogène ou environnementale avant d’évoquer une pathologie sous-jacente.
En pratique clinique, tout écoulement vaginal anormalement coloré — en particulier s’il est bleu-vert — justifie une consultation gynécologique rapide. L’examen inclut une anamnèse détaillée, un examen spéculaire, une analyse du pH vaginal, une recherche de cellules épithéliales et de leucocytes au microscope (test de « flore »), ainsi qu’un prélèvement pour examen bactériologique avec antibiogramme. Le traitement repose sur l’identification précise du germe responsable et l’adaptation de l’antibiothérapie, souvent à base de fluoroquinolones ou de bêta-lactamines antipseudomonales selon la sensibilité.
Il est crucial de ne pas négliger ce signe : outre son caractère évocateur d’une infection localisée, il peut refléter une immunodépression sous-jacente, une pathologie cervicale ou une complication ascendante vers les annexes. Une prise en charge précoce permet d’éviter des séquelles telles que la salpingite ou l’infertilité tubaire.