Comment déterminer la cause d’une aménorrhée ?
La ménorragie, ou absence de règles pendant au moins trois cycles menstruels consécutifs chez une femme en âge de procréer, n’est jamais un symptôme anodin. Elle peut refléter une perturbation physiol
La ménorragie, ou absence de règles pendant au moins trois cycles menstruels consécutifs chez une femme en âge de procréer, n’est jamais un symptôme anodin. Elle peut refléter une perturbation physiologique bénigne — comme une grossesse ou une période post-partum — mais aussi révéler des troubles endocriniens, métaboliques, gynécologiques ou même systémiques nécessitant une investigation approfondie.
Le diagnostic étiologique repose sur une démarche rigoureuse : l’anamnèse détaillée (antécédents médicaux, contraceptifs utilisés, modifications de poids, stress psychologique, pratique sportive intense), l’examen clinique (recherche d’un syndrome des ovaires polykystiques, d’un galactorrhée, d’un hirsutisme ou d’un signe d’hypothyroïdie) et une batterie d’examens biologiques ciblés. Ces derniers incluent la mesure des gonadotrophines (FSH, LH), de la prolactine, des hormones thyroïdiennes (TSH, T4 libre), ainsi que du dosage des œstrogènes et de la testostérone si un déséquilibre androgénique est suspecté.
Les causes les plus fréquentes restent la grossesse, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l’hyperprolactinémie et l’hypothalamie fonctionnelle liée au stress, à la restriction calorique ou à l’activité physique excessive. Moins courantes, mais non négligeables, figurent les insuffisances ovarienne précoce, les pathologies hypophyso-hypothalamiques, les anomalies utérines (comme le syndrome de l’utérus vide ou les adhérences intra-utérines post-infectieuses ou post-chirurgicales), ainsi que certaines maladies chroniques (insuffisance rénale, hépatique ou maladies auto-immunes).
Une prise en charge adaptée exige donc une identification précise de la cause sous-jacente. Une aménorrhée secondaire isolée ne doit jamais être attribuée à tort à un simple « dérèglement hormonal » sans exploration systématique, car un retard diagnostique peut compromettre la fertilité, accélérer la perte osseuse ou masquer une pathologie grave. La consultation spécialisée en gynécologie-endocrinologie est recommandée dès que l’aménorrhée persiste plus de trois mois ou s’accompagne de signes évocateurs tels qu’une céphalée, une vision trouble, une galactorrhée ou une perte de cheveux diffuse.