Comment traiter la thyroïdite subaiguë et quels médicaments prescrire ?
La thyroïdite subaiguë, également appelée thyroïdite de De Quervain, est une inflammation d’origine probablement virale de la glande thyroïde, caractérisée par une douleur cervicale irradiant vers l’o
La thyroïdite subaiguë, également appelée thyroïdite de De Quervain, est une inflammation d’origine probablement virale de la glande thyroïde, caractérisée par une douleur cervicale irradiant vers l’oreille ou la mâchoire, une fièvre modérée, une fatigue importante et des signes de thyrotoxicose transitoire (tachycardie, nervosité, perte de poids) suivis, dans certains cas, d’une phase hypothyroïdienne réversible.
Le traitement repose principalement sur la prise en charge symptomatique. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), tels que l’ibuprofène ou le kétoprofène, constituent la première ligne thérapeutique chez les patients présentant une douleur modérée à sévère. Ils permettent de soulager efficacement l’inflammation et la douleur, souvent dès les 48 à 72 premières heures.
Lorsque les AINS s’avèrent inefficaces ou mal tolérés, ou en cas de douleur intense ou de manifestations systémiques marquées (fièvre persistante, altération de l’état général), une corticothérapie orale à dose modérée est indiquée. La prednisone, débutée à 25–40 mg/jour, est généralement prescrite avec une diminution progressive sur plusieurs semaines afin d’éviter les rechutes. Une interruption trop rapide du traitement peut favoriser une récidive inflammatoire.
Il est important de noter qu’aucun traitement spécifique antiviral n’a démontré son efficacité dans cette affection auto-limitée, dont l’évolution spontanée est favorable dans la grande majorité des cas. Le suivi biologique (dosage de la TSH, des hormones thyroïdiennes libres et des anticorps anti-thyroïdiens) est recommandé pour surveiller les éventuelles phases thyrotoxiques ou hypothyroïdiennes transitoires, mais aucun traitement hormonal substitutif n’est nécessaire en l’absence de déficit durable.
Enfin, une hydratation adéquate, un repos suffisant et l’éviction des efforts physiques intenses pendant la phase aiguë contribuent à une récupération optimale. La rémission complète survient généralement en 3 à 6 mois, sans séquelle thyroïdienne permanente chez plus de 95 % des patients.