Comment traiter la mastite chronique des canaux mammaires ?
La mastite chronique des conduits mammaires, également appelée mastopathie inflammatoire chronique des conduits ou « mastite périaréolaire », est une affection inflammatoire récidivante qui affecte pr
La mastite chronique des conduits mammaires, également appelée mastopathie inflammatoire chronique des conduits ou « mastite périaréolaire », est une affection inflammatoire récidivante qui affecte principalement les grands conduits lactifères situés sous l’aréole. Elle se caractérise par des épisodes répétés de rougeur, d’œdème, de douleur et parfois d’abcès sous-aréolaires, souvent associés à une sécrétion pathologique du mamelon — claire, jaunâtre ou même purulente. Contrairement aux infections bactériennes aiguës classiques, cette pathologie n’est généralement pas causée par une infection pyogène communément isolée (comme Staphylococcus aureus), mais plutôt par une inflammation stérile liée à une obstruction ductale, une extravasation de sécrétions lactifères dans le tissu périnéphronal et une réponse immunitaire locale.
Le traitement repose sur une approche progressive et individualisée. En première intention, une prise en charge conservatrice est privilégiée : repos local, application de compresses chaudes, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour contrôler la douleur et l’inflammation, et surveillance clinique étroite. Lorsque des signes d’infection secondaire sont présents — fièvre, fluctuation, adénopathies axillaires — une antibiothérapie ciblée peut être instaurée, bien que les cultures microbiennes soient fréquemment négatives. Dans les formes récidivantes ou résistantes, une exploration radiologique (échographie mammaire voire galactographie) permet d’identifier les conduits dilatés ou obstructifs, tandis qu’une biopsie chirurgicale dirigée peut être nécessaire pour éliminer un processus néoplasique rare mais à ne pas méconnaître, notamment un carcinome canalaire in situ ou un cancer inflammatoire.
La chirurgie constitue une option thérapeutique définitive dans les cas sévères ou réfractaires : l’exérèse chirurgicale des conduits mammaires centraux (« duct excision ») est réalisée sous anesthésie locorégionale ou générale, avec une marge de sécurité autour des conduits pathologiques. Cette procédure permet une amélioration durable chez plus de 85 % des patientes, bien qu’elle comporte un risque de fistulisation, de récidive partielle ou d’altération de la sensibilité aréolaire. Un suivi à long terme reste indispensable, car une petite proportion de patientes peut développer une récidive tardive ou une évolution vers une mastopathie sclérosante ou une fibrose ductale séquellaire.