Quel est le traitement de l’ischémie myocardique aiguë ?
L’ischémie myocardique aiguë constitue une urgence médicale majeure, résultant d’une diminution brutale du flux sanguin vers le muscle cardiaque, généralement due à une sténose ou une occlusion corona
L’ischémie myocardique aiguë constitue une urgence médicale majeure, résultant d’une diminution brutale du flux sanguin vers le muscle cardiaque, généralement due à une sténose ou une occlusion coronaire. Son traitement repose sur une prise en charge immédiate visant à restaurer la perfusion myocardique, limiter la nécrose des cardiomyocytes et prévenir les complications vitales telles que l’infarctus du myocarde, les arythmies ventriculaires ou l’arrêt cardiaque.
La première étape consiste à confirmer le diagnostic par un électrocardiogramme (ECG) réalisé dans les plus brefs délais, associé à la mesure sérielle des troponines cardiaques. En cas de sus-décalage du segment ST (STEMI), la stratégie thérapeutique prioritaire est la revascularisation primaire percutanée (RPP), à réaliser dans les 90 minutes suivant l’admission, si les conditions logistiques le permettent. Lorsque la RPP n’est pas disponible dans ce délai, une fibrinolyse intraveineuse est indiquée dans les 30 minutes suivant l’arrivée, sous réserve d’absence de contre-indications majeures (ex. : antécédent d’hémorragie cérébrale, traumatisme récent).
En parallèle, un traitement médical de fond est instauré sans délai : administration d’aspirine (160–325 mg en charge), d’un inhibiteur de la glycoprotéine IIb/IIIa ou d’un antagoniste des récepteurs P2Y12 (comme le ticagrelor ou le prasugrel), d’un bêta-bloquant non cardio-sélectif (ex. : métoprolol), d’une statine à haute dose (ex. : atorvastatine 80 mg), et d’un inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC) chez les patients avec dysfonction ventriculaire gauche ou diabète. La morphine peut être utilisée pour soulager la douleur réfractaire, avec prudence chez les patients hypotendus ou présentant une dépression respiratoire.
Une surveillance continue en unité de soins intensifs coronariens est indispensable durant les 24 à 48 premières heures, afin de détecter précocement toute complication ischémique ou électrique. Une évaluation fonctionnelle ultérieure (échocardiographie, scintigraphie myocardique ou imagerie par résonance magnétique cardiaque) permet d’objectiver l’étendue de la lésion myocardique et d’orienter la stratégie de réadaptation cardiovasculaire.