La haricot rouge chinois stimule-t-il la lactation ?
La question de savoir si la « fève rouge » (ou « fève rouge de Chine », Phaseolus calcaratus, parfois confondue avec le haricot rouge commun Phaseolus vulgaris) possède une action galactogène — c’est-
La question de savoir si la « fève rouge » (ou « fève rouge de Chine », Phaseolus calcaratus, parfois confondue avec le haricot rouge commun Phaseolus vulgaris) possède une action galactogène — c’est-à-dire qu’elle stimulerait la production de lait maternel — est fréquemment posée dans les milieux traditionnels, notamment en médecine traditionnelle chinoise (MTC). Toutefois, aucune donnée clinique rigoureuse ni étude contrôlée publiée dans la littérature biomédicale internationale ne soutient cette affirmation.
Dans la MTC, la fève rouge est classée comme ayant une nature fraîche et un goût sucré, et elle est principalement utilisée pour ses propriétés diurétiques, décongestionnantes et régulatrices de la fonction spleen-estomac. Certains praticiens l’intègrent à des préparations destinées à traiter les œdèmes ou les troubles liés à l’humidité interne, mais son rôle spécifique dans la lactation n’est pas mentionné dans les classiques fondamentaux tels que le Bencao Gangmu ou les manuels modernes validés par l’Administration nationale de la médecine traditionnelle chinoise.
En revanche, des plantes comme la fenugrec (Trigonella foenum-graecum), le chardon-Marie (Silybum marianum) ou encore la feuille de mélisse (Melissa officinalis) font l’objet d’une évaluation plus poussée dans la littérature scientifique actuelle, bien que leur efficacité reste modeste et variable d’un individu à l’autre. Aucune étude randomisée en double aveugle n’a jamais évalué la fève rouge sur des paramètres objectifs de lactation (volume de lait exprimé, poids du nourrisson, taux de prolactine sérique).
Il convient donc de rappeler aux patientes allaitantes que la qualité et la quantité du lait maternel dépendent surtout de facteurs physiologiques bien établis : fréquence et efficacité de la succion, vidange mammaire régulière, statut nutritionnel global, hydratation adéquate, sommeil suffisant et gestion du stress. En cas de difficulté avérée de lactation, une consultation avec une consultante en lactation certifiée ou un médecin spécialiste (pédiatre, gynécologue ou médecin généraliste formé) est la démarche recommandée avant toute automédication, y compris avec des plantes traditionnelles.