Un testicule cryptorchide et l’autre normalement descendu : cela affecte-t-il la fertilité ?
L’existence d’une asymétrie testiculaire — c’est-à-dire un testicule plus petit que l’autre — chez un patient atteint de cryptorchidie (testicule non descendu) soulève légitimement des inquiétudes qua
L’existence d’une asymétrie testiculaire — c’est-à-dire un testicule plus petit que l’autre — chez un patient atteint de cryptorchidie (testicule non descendu) soulève légitimement des inquiétudes quant à la fonction reproductive future. En effet, la cryptorchidie, surtout lorsqu’elle persiste au-delà de la première année de vie, constitue un facteur de risque bien établi d’altération de la spermatogenèse. Le testicule non descendu subit une élévation pathologique de sa température intrascrotale, ce qui perturbe la maturation des cellules germinales et favorise l’apoptose des spermatogonies.
Cette altération est souvent asymétrique : le testicule cryptorchide présente généralement un volume réduit, une texture plus ferme ou plus atrophique à l’échographie, et une production spermienne nettement diminuée comparée au testicule controlatéral normalement descendu. Lorsque la cryptorchidie est bilatérale, le risque d’oligospermie sévère ou d’azoospermie est significativement accru. Même après une orchidopexie précoce (idéalement avant 18 mois), une altération résiduelle de la fonction germinale peut persister, notamment si l’intervention a été réalisée tardivement ou si le testicule présentait déjà des signes histologiques de dysgénésie gonadique.
Il est donc essentiel de proposer une prise en charge multidisciplinaire incluant un suivi endocrinien (dosage de FSH, inhibine B, testostérone), une évaluation échographique régulière et, à l’âge adulte, une analyse du sperme (spermogramme) pour quantifier précisément la réserve spermatogoniale. Dans certains cas, une biopsie testiculaire peut être indiquée afin d’évaluer le potentiel de production spermique, notamment avant toute tentative de procréation médicalement assistée.
En résumé, une différence de taille entre les deux testicules chez un homme ayant eu une cryptorchidie n’est pas seulement un signe clinique anodin : elle reflète souvent une atteinte fonctionnelle sous-jacente nécessitant une évaluation spécialisée et un accompagnement personnalisé vers la préservation de la fertilité.