Causes du déclin de la fonction ovarienne
La diminution de la fonction ovarienne, également appelée insuffisance ovarienne précoce (IOP) lorsqu’elle survient avant l’âge de 40 ans, correspond à une baisse progressive ou brutale de la réserve
La diminution de la fonction ovarienne, également appelée insuffisance ovarienne précoce (IOP) lorsqu’elle survient avant l’âge de 40 ans, correspond à une baisse progressive ou brutale de la réserve ovarienne et de la sécrétion hormonale. Elle se caractérise par des cycles menstruels irréguliers, une oligoménorrhée ou une aménorrhée, une élévation des gonadotrophines (FSH et LH), ainsi qu’une baisse des œstrogènes.
Cette altération peut résulter de causes génétiques, telles que le syndrome de Turner ou les anomalies du chromosome X (ex. : délétions du bras long ou mutations du gène FMR1 dans la forme prémutée). Des facteurs auto-immuns sont également fréquemment impliqués, notamment en association avec d’autres pathologies endocriniennes comme le diabète de type 1, la thyroïdite de Hashimoto ou l’insuffisance surrénalienne auto-immune.
Des agressions iatrogènes constituent une cause majeure : la chimiothérapie (notamment les alkylants comme la cyclophosphamide), la radiothérapie pelvienne, ou encore les interventions chirurgicales ovariennes (ex. : oophorectomie partielle ou ablation pour kyste endométriosique étendu) peuvent entraîner une perte irréversible de follicules primordiaux.
D’autres mécanismes incluent des troubles métaboliques (comme la galactosémie non traitée), des infections sévères (ex. : oreillons compliqués d’oophorite), ou encore des facteurs environnementaux tels que le tabagisme chronique, qui accélère la déplétion folliculaire. Enfin, dans près de 90 % des cas d’insuffisance ovarienne précoce, aucune cause identifiable n’est retrouvée : on parle alors d’origine idiopathique.
Le diagnostic repose sur la confirmation biologique (FSH > 25 UI/L à deux prélèvements espacés de plus de quatre semaines) associée à une aménorrhée ou à des cycles anovulatoires persistants. Une évaluation complète — incluant caryotype, dosage des anticorps anti-ovaires, bilan thyroïdien et surrénalien — est indispensable pour orienter la prise en charge thérapeutique et le suivi à long terme.