La vaccination contre le HPV à 9 valences est-elle possible en cas d’érosion cervicale de grade III ?
La « érosion cervicale » est un terme obsolète, longtemps utilisé dans la pratique clinique chinoise pour désigner une zone d’épithélium cylindrique visible à l’inspection colposcopique ou gynécologiq
La « érosion cervicale » est un terme obsolète, longtemps utilisé dans la pratique clinique chinoise pour désigner une zone d’épithélium cylindrique visible à l’inspection colposcopique ou gynécologique, souvent confondue à tort avec une lésion pathologique. En réalité, il s’agit d’un phénomène physiologique bénin — appelé aujourd’hui « ectopie cervicale » ou « ectropion cervical » — résultant d’une migration normale de la jonction squamo-columnaire vers l’extérieur du canal cervical, particulièrement fréquente chez les jeunes femmes, les femmes en période d’ovulation ou sous contraception hormonale.
L’expression « troisième degré » n’a pas de fondement scientifique ni de codification internationale dans les classifications actuelles (FIGO, Bethesda, ou OMS). Elle ne correspond à aucune entité clinique reconnue, ni à un stade de gravité, et ne reflète ni un risque accru de cancer du col utérin, ni une contre-indication vaccinale.
En ce qui concerne la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), le vaccin nonavalent (9-valent) est indiqué chez les personnes âgées de 9 à 45 ans, sans restriction liée à la présence d’une ectopie cervicale — quelle que soit son étendue apparente à l’examen clinique. L’efficacité et la sécurité du vaccin ont été démontrées dans des essais randomisés contrôlés, y compris chez des femmes présentant des anomalies cytologiques bénignes ou des lésions précoces (CIN1).
Il est toutefois essentiel de rappeler que la vaccination ne remplace en aucun cas le dépistage régulier par frottis cervico-vaginal (ou test HPV) selon les recommandations nationales. Une ectopie cervicale, même étendue, ne justifie pas de retarder ou d’annuler la vaccination : celle-ci reste fortement recommandée pour prévenir les infections persistantes par les types oncogènes de HPV (notamment les types 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58 couverts par le vaccin nonavalent), responsables de plus de 90 % des cancers du col utérin.
Avant toute décision vaccinale, une évaluation gynécologique complète — incluant anamnèse, examen clinique et, si pertinent, colposcopie ou cytologie — permet d’écarter toute lésion dysplasique sous-jacente. Mais l’aspect macroscopique d’une ectopie cervicale, même très marqué, ne constitue pas une contre-indication formelle au vaccin nonavalent.