La testostérone peut-elle améliorer la fonction sexuelle ?
La testostérone, hormone stéroïdienne produite principalement par les cellules de Leydig des testicules chez l’homme, joue un rôle central dans le développement et le maintien des caractéristiques sex
La testostérone, hormone stéroïdienne produite principalement par les cellules de Leydig des testicules chez l’homme, joue un rôle central dans le développement et le maintien des caractéristiques sexuelles masculines. Elle influence notamment la libido, la fonction érectile, la masse musculaire, la densité osseuse et le bien-être psychologique.
Cependant, son effet sur la fonction sexuelle dépend fortement du contexte clinique. Chez les hommes présentant une hypogonadisme confirmé — c’est-à-dire un déficit sécrétoire avéré avec des taux plasmatiques de testostérone totale inférieurs à 8 nmol/L (ou 2,3 ng/mL) accompagnés de symptômes tels qu’une baisse durable de la libido, des troubles érectiles résistants aux traitements de première ligne, une fatigue persistante ou une perte de masse musculaire — un traitement de substitution androgénique peut améliorer significativement la fonction sexuelle.
En revanche, chez les hommes âgés en bonne santé ou présentant une simple baisse physiologique liée à l’âge sans déficit biochimique objectif, l’administration de testostérone ne confère aucun bénéfice clinique sur la performance sexuelle et comporte des risques non négligeables : augmentation du volume de la prostate, altération du profil lipidique, rétention hydrosodée, stimulation de la production érythrocytaire pouvant favoriser la thrombose, et potentiellement une aggravation de l’apnée du sommeil ou de la dysfonction cardiaque sous-jacente.
Il est donc essentiel que toute prescription de testostérone soit précédée d’un bilan endocrinien rigoureux, incluant au moins deux dosages matinaux à jeun de testostérone totale, associés à la mesure de la LH et de la FSH, afin de distinguer un hypogonadisme primaire d’un hypogonadisme secondaire. Le recours à cette thérapeutique hors indication — notamment pour « rajeunir » ou « booster » la sexualité sans anomalie biologique — n’est ni justifié ni recommandé par les sociétés savantes internationales, y compris la Société européenne d’endocrinologie et la Société internationale d’urologie.