L’échographie permet-elle de diagnostiquer le syndrome des ovaires polykystiques ?
La présence de kystes ovariens multiples, caractéristique du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), peut effectivement être mise en évidence par une échographie pelvienne. Cet examen, non invasif
La présence de kystes ovariens multiples, caractéristique du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), peut effectivement être mise en évidence par une échographie pelvienne. Cet examen, non invasif et largement disponible, constitue un pilier du diagnostic morphologique du SOPK.
L’échographie transvaginale est privilégiée pour son excellente résolution spatiale : elle permet d’identifier des follicules antraux de 2 à 9 mm de diamètre, disposés de façon périphérique le long de la corticale ovarienne — un aspect souvent décrit comme « en guirlande » ou « en perles ». Selon les critères de Rotterdam, le diagnostic échographique repose sur la détection d’au moins 20 follicules immatures par ovaire, ou d’un volume ovarien supérieur à 10 cm³.
Cependant, il est essentiel de souligner que l’aspect polykystique à l’échographie n’est pas pathognomonique du SOPK. Ce signe peut être observé chez jusqu’à 20 % des femmes en âge de procréer sans aucun autre critère clinique ou biologique du syndrome (aménorrhée, hyperandrogénie, troubles métaboliques). Le diagnostic repose donc sur une approche intégrée : association de données cliniques (règles irrégulières, acné, hirsutisme), biologiques (hyperandrogénémie, résistance à l’insuline) et échographiques.
En pratique, l’échographie ne remplace pas l’évaluation clinique complète ni les dosages hormonaux nécessaires à l’exclusion d’autres causes d’anovulation ou d’hyperandrogénie, telles que l’hyperplasie congénitale des surrénales ou un adénome producteur d’androgènes. Elle reste un outil complémentaire indispensable, mais toujours interprété dans son contexte global.