Que faire en cas d’infection par un autre papillomavirus humain à haut risque ?
Lorsqu’un test de dépistage HPV révèle la présence d’un type à haut risque autre que les types 16 et 18 — par exemple les types 31, 33, 35, 45, 52 ou 58 — cela nécessite une évaluation clinique approfondie, car ces génotypes sont également associés à un risque accru de lésions précoces du col utérin (CIN 2/3) et de cancer invasif. Contrairement aux types 16 et 18, qui justifient systématiquement une colposcopie, la conduite à tenir face aux autres types à haut risque dépend du résultat concomitant du frottis cervico-utérin (cytologie).
En pratique, si la cytologie est normale (classe Bethesda NILM), une surveillance avec un nouveau test HPV et une cytologie dans 12 mois est généralement recommandée. En revanche, en cas d’anomalies cytologiques — notamment ASC-US (atypies squameuses de signification indéterminée) ou LSIL (lésion intraépithéliale squameuse de bas grade) — une colposcopie est indiquée pour explorer visuellement la muqueuse cervicale et réaliser des biopsies ciblées si nécessaire. Chez les patientes présentant une cytologie ASC-H (atypies squameuses ne pouvant exclure une lésion de haut grade) ou HSIL (lésion de haut grade), la colposcopie est impérative, quelle que soit la nature du génotype HPV détecté.
Il est essentiel de rappeler que la simple détection d’un HPV à haut risque ne signifie pas la présence d’une lésion maligne : la majorité des infections sont transitoires et s’éliminent spontanément sous l’effet de la réponse immunitaire. Toutefois, une persistance virale au-delà de 12 à 24 mois augmente significativement le risque de progression vers des lésions précoces. Un suivi personnalisé, fondé sur l’âge, l’historique cervical, le statut vaccinal et les résultats combinés (HPV + cytologie), reste donc la clé d’une prise en charge optimale et préventive.