Que faire en cas de douleurs abdominales accompagnées de selles sanglantes ?
Lorsqu’un patient présente des douleurs abdominales associées à un saignement rectal (selles teintées de sang rouge vif, sang mélangé aux selles ou présence de glaires sanguinolentes), il s’agit d’une urgence médicale nécessitant une évaluation rapide. Ce tableau peut traduire des affections graves telles qu’une colite ischémique, une diverticulose avec saignement actif, une maladie inflammatoire intestinale en poussée aiguë (rectocolite ulcéreuse ou maladie de Crohn), une infection bactérienne invasive (ex. : Shigella, Campylobacter, Escherichia coli productrice de toxine Shiga), ou encore un cancer colorectal avec complication hémorragique ou occlusive.
Il est impératif de ne pas retarder la consultation médicale : le patient doit se rendre sans délai aux urgences ou contacter son médecin traitant pour une orientation immédiate. En attendant, il convient d’éviter tout automédication (notamment les anti-inflammatoires non stéroïdiens, l’aspirine ou les laxatifs irritants), de rester hydraté si les selles ne sont pas profuses, et de noter précisément les caractéristiques du saignement (couleur — rouge vif ou foncé/méléna, quantité estimée, fréquence), la localisation et la nature des douleurs (crispations, douleur continue, irradiation), ainsi que la présence de signes d’alarme comme la fièvre, les vomissements, la tachycardie, l’hypotension, la pâleur ou une altération de l’état général.
À l’hôpital, l’évaluation comprendra une anamnèse détaillée, un examen clinique complet (dont la palpation abdominale et un toucher rectal systématique), des bilans biologiques (numération formule sanguine, CRP, ionogramme, fonction rénale, groupe sanguin et rhésus), ainsi qu’une endoscopie digestive basse (coloscopie) souvent réalisée en urgence ou dans les 24 à 48 heures selon la gravité. D’autres examens complémentaires (scanner abdominal avec injection, calprotectine fécale, coproculture) peuvent être demandés selon le contexte clinique.
Le traitement dépend strictement du diagnostic établi : il peut inclure une réhydratation intraveineuse, une transfusion sanguine en cas d’anémie sévère, une antibiothérapie ciblée, une corticothérapie par voie intraveineuse dans les poussées inflammatoires graves, ou une prise en charge chirurgicale d’urgence en cas de perforation, d’occlusion ou de saignement massif non contrôlé.