Que faire en cas de vaginite chez une jeune fille ?
Lorsqu’une jeune fille prépubère présente des symptômes évocateurs d’une vulvovaginite — tels que des démangeaisons, des rougeurs, des sécrétions anormales, une gêne urinaire ou des douleurs locales — il est essentiel de consulter rapidement un pédiatre ou un gynécologue pédiatrique. Contrairement aux infections vaginales de l’âge adulte, la vulvovaginite chez la petite fille est rarement d’origine infectieuse bactérienne ou mycosique ; elle est le plus souvent liée à des facteurs mécaniques, hygiéniques ou irritatifs (ex. : savons parfumés, lessives résiduelles, frottements, sous-vêtements trop serrés ou en fibres synthétiques). Une évaluation clinique minutieuse permet d’écarter des causes plus rares mais importantes, comme une infection à *Streptococcus pyogenes*, une contamination fécale répétée, une corps étranger vaginal (souvent asymptomatique), ou, dans des cas exceptionnels, des signes évocateurs de maltraitance.
Le traitement repose principalement sur des mesures hygiéno-diététiques rigoureuses : lavage quotidien à l’eau tiède sans savon ou avec un syndet hypoallergénique, séchage délicat par tamponnement (jamais par friction), port de sous-vêtements en coton, changement fréquent des protections en cas d’incontinence ou de transpiration excessive, et éviction systématique des bains moussants, huiles de bain et lingettes parfumées. En cas de signes inflammatoires marqués ou persistants malgré ces mesures, une crème corticoïde topique faible puissance (ex. : hydrocortisone à 0,5 %) peut être prescrite ponctuellement sous surveillance médicale. Tout traitement antibiotique ou antifongique doit être strictement réservé à une confirmation microbiologique (prélèvement vaginal adapté, examen cytobactériologique) ou à un tableau clinique très évocateur, car leur usage abusif expose à des déséquilibres microbiens et à une résistance microbienne inutile.
Un suivi régulier est recommandé afin d’évaluer la réponse thérapeutique et d’ajuster les conseils si nécessaire. Dans les formes récidivantes, une investigation plus approfondie (ex. : bilan allergologique, recherche de troubles du transit ou d’incontinence, examen gynécologique spécialisé avec colposcopie pédiatrique si indiqué) peut s’avérer utile. L’accompagnement psychologique et éducatif de l’enfant et de sa famille fait partie intégrante de la prise en charge, notamment pour renforcer les bonnes pratiques d’hygiène intime adaptées à l’âge.