Quel est le programme de rééducation pour l’hémiplégie ?
La rééducation de l’hémiplégie repose sur une approche pluridisciplinaire, individualisée et débutant dès les premiers jours suivant l’atteinte neurologique (accident vasculaire cérébral, traumatisme crânien, tumeur cérébrale, etc.). L’objectif principal est de restaurer au maximum les fonctions motrices, sensorielles, cognitives et de la communication, tout en prévenant les complications secondaires telles que les contractures, les escarres, les thromboses veineuses profondes ou les infections respiratoires.
Elle implique systématiquement la collaboration étroite de plusieurs professionnels : médecin rééducateur (médecin spécialiste en médecine physique et de réadaptation), kinésithérapeute, ergothérapeute, orthophoniste, neuropsychologue et infirmier spécialisé. La kinésithérapie vise à améliorer la mobilité articulaire, la force musculaire, l’équilibre postural et la marche, souvent à l’aide de techniques comme la thérapie neurodéveloppementale (méthode Bobath), la thérapie motrice contrainte (CIMT) ou la stimulation électrique fonctionnelle. L’ergothérapie se concentre sur la réacquisition de l’autonomie dans les activités de la vie quotidienne (habillage, toilette, préparation des repas) et l’adaptation du domicile si nécessaire.
L’orthophonie est indispensable en cas d’aphasie, de dysarthrie ou de troubles de la déglutition (dysphagie), avec une évaluation rigoureuse par fibroscopie ou vidéofluoroscopie pour adapter la texture des aliments et éviter les fausses routes. La prise en charge cognitive et comportementale, assurée par le neuropsychologue, permet de dépister et de traiter les troubles de l’attention, de la mémoire, de l’exécution ou les modifications de l’humeur (dépression post-AVC fréquente). Enfin, un suivi médical régulier est essentiel pour contrôler les facteurs de risque vasculaire (hypertension artérielle, diabète, dyslipidémie) et prévenir la récidive.
La durée et l’intensité de la rééducation varient selon la sévérité de la lésion, l’âge, les comorbidités et la motivation du patient. Une rééducation précoce, continue et adaptée augmente significativement les chances de récupération fonctionnelle, même plusieurs mois après l’événement initial.