Pourquoi mes ongles se fendent-ils verticalement ?
L’onychorrhexie longitudinale — c’est-à-dire la fissuration verticale des ongles, souvent sous forme de sillons ou de dédoublements parallèles à l’axe longitudinal de l’ongle — est un signe fréquent, généralement bénin, mais pouvant parfois refléter des déséquilibres sous-jacents. Les causes les plus courantes incluent le vieillissement physiologique (diminution de la production de kératine et altération de la microcirculation péricunguéale), les agressions mécaniques répétées (manucures excessives, morsure des ongles, exposition prolongée à l’eau ou aux produits détergents), ou une sécheresse chronique de la plaque unguéale.
Certains facteurs nutritionnels peuvent également jouer un rôle : carences en fer, en biotine (vitamine B7), en zinc ou en protéines, ainsi qu’un déséquilibre thyroïdien (notamment l’hypothyroïdie) sont associés à une fragilité unguéale. Des pathologies dermatologiques comme le psoriasis unguéal ou l’eczéma périunguéal peuvent également se manifester par des stries longitudinales associées à une déformation ou un décollement partiel de l’ongle.
Il est important de distinguer ces sillons verticaux bénins — souvent symétriques, peu profonds et progressivement évolutifs — des signes d’alerte tels qu’une ligne pigmentée unique, large, asymétrique ou en progression rapide (évoquant un mélanome unguéal), ou l’apparition brutale de multiples fissures accompagnées de douleur, d’inflammation ou de modifications systémiques (fatigue, perte de poids, troubles digestifs). Dans ces cas, une consultation dermatologique avec examen dermatoscopique unguéal est indispensable.
En pratique clinique, la prise en charge repose d’abord sur l’identification et la suppression des facteurs aggravants (protection des mains, hydratation régulière avec des crèmes riches en urée ou en céramides, éviction des solvants), puis, si nécessaire, sur une évaluation biologique ciblée (fer sérique, ferritine, TSH, vitamine D, bilan protéique). Une supplémentation en biotine peut être envisagée à la dose de 2,5 à 5 mg/jour, mais uniquement après confirmation d’une carence ou en cas de fragilité unguéale persistante malgré les mesures hygiéno-diététiques.