Quelles sont les causes possibles de saignements de nez répétés chez un enfant sans cause apparente ?
L’épistaxis, ou saignement de nez, est un symptôme fréquent chez l’enfant, particulièrement entre 2 et 10 ans. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’un épistaxis antérieur, c’est-à-dire provenant de la partie antérieure du septum nasal (zone de Little), riche en vaisseaux sanguins superficiels et peu protégée. Les causes les plus courantes sont locales : sécheresse nasale (liée au chauffage intérieur, à l’air conditionné ou à un climat aride), traumatismes mineurs (picotements répétés avec les doigts, mouchage vigoureux), ou encore une inflammation muqueuse liée à une rhinite virale ou allergique.
Certains facteurs favorisants doivent être évalués : l’usage prolongé de décongestionnants nasaux, une prise médicamenteuse anticoagulante ou antiagrégante (même en faible dose), ou une carence en vitamine C ou en vitamine K — bien que ces dernières soient rares dans les pays industrialisés. Des causes systémiques, comme une thrombopénie, un trouble de la coagulation constitutionnel (ex. : hémophilie A ou B, maladie de von Willebrand) ou une leucémie, sont exceptionnelles mais doivent être évoquées en cas de signes associés : saignements cutanés spontanés (purpura), hématomes inhabituels, saignements gingivaux fréquents, fatigue inhabituelle, pâleur, fièvre persistante ou perte de poids non expliquée.
Une consultation pédiatrique est recommandée si les épistaxis sont répétées (plus de deux fois par semaine sur plusieurs semaines), abondantes, difficiles à arrêter, ou accompagnées de symptômes alarmants. L’examen clinique inclut une rhinoscopie antérieure pour identifier la zone saignante, une évaluation de la coagulation (numération formule sanguine, temps de saignement, TQ/INR selon contexte) et, si nécessaire, une exploration spécialisée (rhinoscopie endoscopique, bilan hémostatique complet). La prise en charge repose d’abord sur des mesures préventives (hydratation nasale régulière avec des sprays salins isotones, humidification ambiante, éviction des traumatismes locaux) et, en cas de récidive, sur une cautérisation locale sous contrôle visuel.