L’épistaxis spontanée est-elle due à une « chaleur excessive » ?
Le saignement de nez spontané (épistaxis) n’est pas une manifestation de « chaleur interne » au sens de la médecine traditionnelle chinoise, mais un symptôme médical qui nécessite une évaluation clinique rigoureuse. En médecine moderne, l’épistaxis idiopathique — c’est-à-dire survenant sans cause évidente — est fréquemment liée à la fragilité des petits vaisseaux sanguins situés dans la région de Kiesselbach, située dans la partie antérieure du septum nasal. Cette zone est particulièrement vascularisée et exposée aux traumatismes mineurs (grattage, sécheresse de l’air, manipulation nasale), ce qui explique sa prévalence chez les enfants et les jeunes adultes.
Cependant, un épistaxis récidivant, abondant ou survenant sans déclencheur apparent doit faire rechercher des causes sous-jacentes : troubles de la coagulation (comme un déficit en facteur VIII ou une thrombopénie), hypertension artérielle non contrôlée, prise d’anticoagulants ou d’antiagrégants plaquettaires, anomalies anatomiques (déviation septale, polypes), infections nasales chroniques, ou, plus rarement, des tumeurs nasosinusiennes. Chez les personnes âgées, l’épistaxis postérieur — souvent plus sévère et difficile à maîtriser — peut être associé à une atteinte vasculaire liée à l’âge ou à l’hypertension.
Il est donc essentiel de ne pas attribuer ce symptôme à des notions non validées scientifiquement, telles que la « chaleur interne », mais de consulter un médecin ORL pour un examen endoscopique nasal, une évaluation de la tension artérielle, et, si nécessaire, des bilans biologiques (numération-formule sanguine, temps de saignement, INR, fonction plaquettaire). Une prise en charge adaptée repose sur la recherche et le traitement de la cause précise, ainsi que sur des mesures préventives comme l’hydratation nasale régulière avec des sprays physiologiques ou des pommades à base de vaseline.