Comment traite-t-on l’œsophagite ?
L’œsophagite, ou inflammation de la muqueuse œsophagienne, nécessite une prise en charge adaptée selon sa cause sous-jacente. Les formes les plus fréquentes sont l’œsophagite par reflux gastro-œsophagien (RGO), l’œsophagite infectieuse (notamment chez les patients immunodéprimés), l’œsophagite éosinophilique et les œsophagites médicamenteuses ou caustiques.
Le traitement repose d’abord sur l’identification et l’élimination du facteur déclenchant : réduction des aliments acides, gras ou épicés dans le cadre du RGO ; arrêt immédiat des médicaments irritants (ex. : bisphosphonates, potassium, NSAID) pris sans suffisamment d’eau ou en position couchée ; ou traitement spécifique des infections (ex. : fluconazole pour une candidose œsophagienne, ganciclovir pour une infection à cytomégalovirus).
Sur le plan pharmacologique, les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) — tels que l’oméprazole, l’ésoméprazole ou le pantoprazole — constituent la première ligne thérapeutique dans l’œsophagite liée au RGO, administrés à dose élevée pendant 8 semaines, suivis d’un traitement d’entretien si nécessaire. Les antagonistes H2 (ex. : ranitidine, famotidine) peuvent être utilisés en alternative ou en complément, bien qu’ils soient moins efficaces dans les formes sévères. Dans l’œsophagite éosinophilique, les corticoïdes topiques (budesonide inhalé puis avalé) ou systémiques sont indiqués, souvent associés à un régime d’éviction alimentaire personnalisé.
Des mesures hygiéno-diététiques sont indispensables : élévation de la tête du lit, éviction des repas tardifs, perte de poids si surcharge pondérale, arrêt du tabac et de la consommation excessive d’alcool. En cas de complications (sténose, ulcère, saignement) ou de réponse insuffisante au traitement médical, une endoscopie diagnostique et thérapeutique est indispensable, pouvant inclure une dilatation endoscopique ou une biopsie ciblée.
Un suivi régulier est recommandé, notamment pour surveiller l’évolution histologique dans les formes chroniques ou récidivantes, afin de dépister précocement des complications telles que l’œsophage de Barrett ou des dysplasies précoces.