Pourquoi les personnes diabétiques ressentent-elles des engourdissements dans les mains ?
La sensation de picotements, de fourmillements ou de « main engourdie » chez une personne atteinte de diabète est un symptôme fréquent et souvent révélateur d’une complication neurologique sous-jacent
La sensation de picotements, de fourmillements ou de « main engourdie » chez une personne atteinte de diabète est un symptôme fréquent et souvent révélateur d’une complication neurologique sous-jacente : la neuropathie périphérique diabétique.
Cette affection résulte d’une exposition prolongée à des niveaux glycémiques élevés, qui endommagent progressivement les nerfs périphériques — en particulier ceux des membres inférieurs et supérieurs. Les mains sont concernées dans environ 20 à 30 % des cas avancés, bien que la neuropathie commence généralement aux pieds avant de remonter vers les membres supérieurs.
Le mécanisme pathologique implique plusieurs voies : accumulation intraneuronale de sorbitol via la voie des polyols, stress oxydatif accru, altération de la microcirculation nerveuse et inflammation chronique. Ces facteurs convergent vers une démyélinisation progressive et une dégénérescence axonale, entraînant des troubles sensitifs (engourdissement, douleur brûlante, hypersensibilité au toucher) et, dans les stades avancés, des déficits moteurs (faiblesse musculaire, atrophie des interosseux).
Un diagnostic précoce repose sur l’anamnèse clinique détaillée, l’examen neurologique (test au monofilament de Semmes-Weinstein, évaluation de la sensibilité vibratoire avec le diapason, recherche d’absence de réflexes ostéo-tendineux), et parfois des examens complémentaires comme l’électroneuromyographie (ENMG) ou la mesure du seuil de perception vibratoire.
La prise en charge repose avant tout sur un contrôle glycémique rigoureux (HbA1c ciblée < 7 % selon le profil du patient), associé à des mesures non pharmacologiques (exercice physique régulier, arrêt du tabac, limitation de la consommation d’alcool). En cas de douleur neuropathique, des anticonvulsivants comme la gabapentine ou la prégabaline, ou des antidépresseurs tricycliques tels que l’amitriptyline, peuvent être prescrits après évaluation bénéfice/risque.
Une surveillance régulière est essentielle : toute perte de sensibilité dans les mains augmente le risque de traumatismes non perçus, de lésions cutanées et d’infections secondaires. Une éducation thérapeutique centrée sur l’hygiène des mains, l’inspection quotidienne et l’évitement des sources de chaleur ou de froid extrêmes fait partie intégrante de la prévention des complications.