Que faire en cas d’hypernatrémie ? Conseils pratiques de l’endocrinologue
Lorsqu’un dosage sanguin révèle une hypernatrémie — c’est-à-dire une concentration plasmatique de sodium supérieure à 145 mmol/L — il ne s’agit pas d’une maladie en soi, mais d’un déséquilibre électro
Lorsqu’un dosage sanguin révèle une hypernatrémie — c’est-à-dire une concentration plasmatique de sodium supérieure à 145 mmol/L — il ne s’agit pas d’une maladie en soi, mais d’un déséquilibre électrolytique signalant souvent une déshydratation intracellulaire ou un excès relatif ou absolu de sodium dans l’organisme. Cette anomalie nécessite une évaluation clinique rigoureuse, car ses causes peuvent être multiples : perte excessive d’eau (par voie rénale, digestive ou cutanée), apport excessif de sel (notamment chez les patients recevant des solutions salines hypertones ou des suppléments non surveillés), troubles de la régulation hormonale (comme le diabète insipide central ou néphrogénique), ou encore altérations cognitives ou physiques empêchant une hydratation adéquate, notamment chez les personnes âgées.
La prise en charge repose avant tout sur l’identification et le traitement de la cause sous-jacente. Une correction trop rapide de l’hypernatrémie comporte un risque neurologique sérieux, notamment le syndrome de démyélinisation osmolaire — une complication potentiellement irréversible liée à une baisse trop brutale de l’osmolalité plasmatique. En pratique, la vitesse de correction recommandée est généralement limitée à 0,5 mmol/L par heure, soit environ 10–12 mmol/L sur 24 heures, avec une surveillance stricte des paramètres cliniques (état neurologique, pression artérielle, diurèse) et biologiques (sodium sérique, osmolalité plasmatique, créatinine, glycémie).
Le choix de la solution de réhydratation dépend du statut volémique du patient : une solution hypotonique (comme le sérum physiologique à 0,45 % ou la dextrose à 5 % en eau) est privilégiée chez les patients normovolémiques ou hypervolémiques, tandis qu’une réhydratation initiale avec du sérum physiologique peut être nécessaire chez les patients hypovolémiques présentant un choc ou une hypotension. Dans tous les cas, la réintroduction orale d’eau libre reste le pilier thérapeutique fondamental dès que la fonction cognitive et la capacité à boire sont préservées.
Une collaboration étroite entre endocrinologue, néphrologue et médecin généraliste est essentielle pour orienter les investigations complémentaires — telles que la mesure de la vasopressine plasmatique, l’épreuve de restriction hydrique ou l’analyse des urines — et adapter la stratégie thérapeutique au profil individuel du patient, en particulier chez les sujets fragiles ou polymorbides.