Engourdissement du majeur et de l’annulaire : quelles en sont les causes ?
Une sensation de picotement, de fourmillement ou d’engourdissement au niveau du troisième et du quatrième doigt — c’est-à-dire l’index, le majeur et l’annulaire — peut survenir de façon isolée ou bila
Une sensation de picotement, de fourmillement ou d’engourdissement au niveau du troisième et du quatrième doigt — c’est-à-dire l’index, le majeur et l’annulaire — peut survenir de façon isolée ou bilatérale, et constitue un signe clinique évocateur d’une atteinte neurologique périphérique. Bien que l’expression « doigt médian et annulaire » soit parfois utilisée de façon imprécise dans le langage courant, il est essentiel de préciser que l’engourdissement typique implique surtout le majeur (troisième doigt) et l’annulaire (quatrième doigt), voire parfois une partie du cinquième doigt, selon la distribution sensitive du nerf ulnaire ou du nerf médian.
Ce symptôme repose principalement sur deux mécanismes physiopathologiques : la compression nerveuse ou la lésion axonale distale. La cause la plus fréquente est le syndrome du canal carpien, caractérisé par une compression du nerf médian au niveau du poignet. Dans ce cadre, l’engourdissement prédomine au niveau du pouce, de l’index, du majeur et de la moitié radiale de l’annulaire — ce qui explique pourquoi le majeur et la partie interne de l’annulaire sont souvent touchés. À l’inverse, une compression du nerf ulnaire au niveau du coude (syndrome du sillon cubital) ou à la main (syndrome de Guyon) entraîne plutôt un engourdissement de la face médiale de l’annulaire et du petit doigt, épargnant généralement le majeur.
D’autres étiologies doivent être évoquées en cas de présentation atypique ou bilatérale : les neuropathies périphériques systémiques (diabète sucré, carences vitaminiques notamment en B12 ou en B1, insuffisance rénale chronique), les affections inflammatoires (polyradiculonévrite aiguë, sarcoidose nerveuse), ou encore les pathologies compressives rachidiennes cervicales (hernie discale C6-C7 ou C7-T1 pouvant irriter les racines nerveuses responsables de l’innervation des doigts concernés). Un interrogatoire minutieux, un examen neurologique complet et, si nécessaire, des examens complémentaires — électromyogramme, étude des vitesses de conduction nerveuse, imagerie par résonance magnétique cervicale ou échographie nerveuse — permettent d’affiner le diagnostic et d’orienter la prise en charge thérapeutique.