Que faire en cas d’intussusception chez le nourrisson ?
L’intussusception infantile constitue une urgence pédiatrique qui nécessite une prise en charge rapide et spécialisée. Il s’agit d’un phénomène dans lequel un segment de l’intestin grêle ou du côlon g
L’intussusception infantile constitue une urgence pédiatrique qui nécessite une prise en charge rapide et spécialisée. Il s’agit d’un phénomène dans lequel un segment de l’intestin grêle ou du côlon glisse à l’intérieur d’une portion adjacente, entraînant une obstruction mécanique progressive et un risque ischémique localisé.
Les signes cliniques classiques incluent des épisodes répétés de douleurs abdominales aiguës, souvent accompagnés de vomissements bilieux, de selles « en gelée de framboise » (témoignant d’un saignement muqueux), et parfois d’une masse abdominale palpable en forme de saucisse, notamment dans la région iléocaecale. Chez les nourrissons de moins de deux ans — population la plus fréquemment concernée — les manifestations peuvent être atypiques : irritabilité intense, flexion des jambes vers l’abdomen, ou épisodes de cyanose transitoire.
Le diagnostic repose principalement sur l’échographie abdominale, dont la sensibilité et la spécificité dépassent 95 % lorsqu’elle est réalisée par un radiologue expérimenté. L’image caractéristique est celle d’une « cible » ou d’un « donut » en coupe transversale, associée à un aspect en « ressort » en coupe longitudinale.
La réduction non chirurgicale constitue la première ligne thérapeutique : elle est réalisée sous contrôle échographique ou fluoroscopique, à l’aide d’une pression hydrostatique (lavement au sulfate de baryum ou à l’air) ou manométrique. Ce geste, efficace dans environ 80 à 90 % des cas, doit être pratiqué dans un centre pédiatrique disposant d’une équipe expérimentée en réanimation néonatale et pédiatrique, ainsi que d’un accès immédiat à la chirurgie en cas d’échec ou de complication.
En cas d’échec de la réduction, de contre-indications (comme une perforation suspectée ou un état de choc), ou de récidive, une intervention chirurgicale exploratrice est indispensable. Elle permet non seulement de réduire manuellement l’intussusception, mais aussi d’identifier et d’exclure toute cause organique sous-jacente — telle qu’un lymphome, une tumeur intestinale ou une malformation congénitale — particulièrement importante chez les enfants âgés de plus de trois ans ou en cas de récidive multiple.
Le pronostic est excellent lorsque le diagnostic et la prise en charge sont précoces : la mortalité est inférieure à 1 % dans les centres spécialisés. Toutefois, un retard thérapeutique augmente significativement le risque de nécrose intestinale, de perforation ou de sepsis, justifiant une vigilance accrue chez tout nourrisson présentant des douleurs abdominales paroxystiques associées à des troubles du transit.