Pourquoi l’urine ne s’écoule-t-elle pas ? Causes possibles d’une rétention urinaire
L’impossibilité d’uriner — ou anurie — constitue une urgence médicale qui nécessite une évaluation immédiate. Elle ne doit pas être confondue avec la dysurie (miction douloureuse) ou la pollakiurie (m
L’impossibilité d’uriner — ou anurie — constitue une urgence médicale qui nécessite une évaluation immédiate. Elle ne doit pas être confondue avec la dysurie (miction douloureuse) ou la pollakiurie (mictions fréquentes), mais correspond à l’absence totale ou quasi-totale de débit urinaire malgré une vessie pleine.
Les causes peuvent être classées en trois grandes catégories : obstructives, rénales et post-rénales. Les obstructions mécaniques sont les plus fréquentes chez l’homme âgé, notamment en raison de l’hypertrophie bénigne de la prostate ou d’un cancer prostatique. Chez la femme, on retrouve plutôt des causes telles qu’une sténose urétrale, un prolapsus génital sévère ou des complications postopératoires après chirurgie pelvienne. D’autres causes obstructives incluent des calculs urétériques ou vésicaux, des caillots sanguins dans la vessie (notamment après une hématurie macroscopique), ou encore des tumeurs comprimant l’urètre ou la vessie.
Les causes rénales impliquent une défaillance aiguë du parenchyme rénal, comme dans le cadre d’une nécrose tubulaire aiguë secondaire à un choc hypovolémique, à une septicémie grave ou à une néphrotoxicité médicamenteuse (ex. : aminosides, inhibiteurs de la COX-2, contrastes iodés). Une glomérulonéphrite rapide ou une vascularite systémique peuvent également entraîner une anurie par altération sévère de la filtration glomérulaire.
Enfin, les causes post-rénales regroupent toutes les atteintes situées en aval des reins : obstruction bilatérale des uretères (par exemple par des calculs, des tumeurs rétropéritonéales ou des caillots), ou obstruction complète de la vessie ou de l’urètre. Une anurie bilatérale non traitée peut conduire rapidement à une insuffisance rénale aiguë irréversible et à des complications métaboliques graves (hyperkaliémie, acidose métabolique, surcharge volémique).
Tout patient présentant une anurie doit bénéficier d’une prise en charge immédiate comprenant une échographie réno-vésico-prostatique pour dépister une obstruction, une mesure de la créatinine sérique et de l’ionogramme sanguin, ainsi qu’une sonde vésicale à demeure si une rétention aiguë est confirmée. Le traitement dépend strictement de la cause identifiée : drainage urinaire urgent (sondage ou néphrostomie percutanée), chirurgie décompressive, ou prise en charge néphrologique spécifique (dialyse, corticothérapie, etc.).