Symptômes du myélome multiple
Le myélome multiple est une hémopathie maligne caractérisée par la prolifération clonale de plasmocytes anormaux dans la moelle osseuse. Ces cellules produisent des immunoglobulines monoclonales ou de
Le myélome multiple est une hémopathie maligne caractérisée par la prolifération clonale de plasmocytes anormaux dans la moelle osseuse. Ces cellules produisent des immunoglobulines monoclonales ou des chaînes légères aberrantes, entraînant des complications systémiques variées. Les symptômes sont souvent insidieux et non spécifiques au stade initial, ce qui retarde fréquemment le diagnostic.
La triade classique du myélome multiple — résumée par l’acronyme « CRAB » — regroupe quatre manifestations cliniques majeures : hypercalcémie (C), insuffisance rénale (R), anémie (A) et lésions osseuses lytiques (B, pour *bone*). L’hypercalcémie, secondaire à la résorption osseuse accrue, peut provoquer fatigue, confusion, polyurie, nausées et constipation. L’insuffisance rénale, souvent liée à la néphropathie aux chaînes légères (ou « néphropathie du myélome »), s’exprime par une élévation de la créatinine, une protéinurie importante et, dans les formes avancées, une oligurie ou une anurie.
L’anémie, fréquente et souvent normochrome-normocytaire, résulte d’une infiltration médullaire par les plasmocytes néoplasiques et d’une inhibition de l’érythropoïèse. Elle se manifeste par asthénie, dyspnée à l’effort et pâleur cutanéo-muqueuse. Les lésions osseuses, typiquement lytiques et multifocales — surtout localisées aux vertèbres, côtes, bassin et crâne — peuvent entraîner des douleurs dorsales chroniques, des fractures pathologiques ou des compressions médullaires, voire des troubles neurologiques aigus.
D’autres signes évocateurs incluent des infections récidivantes (notamment respiratoires ou urinaires), dues à une hypogammaglobulinémie et à une déficience immunitaire humorale ; des manifestations hématologiques telles que des saignements muqueux ou cutanés liés à une thrombopénie ou à une anomalie de la fonction plaquettaire ; et, plus rarement, des syndromes d’hyperviscosité (céphalées, vertiges, troubles visuels) en cas de production massive d’immunoglobuline M ou G.
Il est essentiel de maintenir un haut degré de suspicion clinique devant toute association de ces signes, notamment chez les patients âgés présentant une anémie inexpliquée, une douleur osseuse persistante ou une insuffisance rénale sans cause évidente. Le diagnostic repose sur la combinaison d’analyses biologiques (électrophorèse des protéines sériques et urinaires, dosage des chaînes légères libres, numération-formule sanguine), d’imageries (radiographies conventionnelles, IRM ou TEP-TDM) et d’une biopsie ostéomédullaire avec analyse cytologique et immunophénotypage.