Prurit généralisé pendant la grossesse : que faire quand le grattage aggrave les démangeaisons ?
Lorsqu’une femme enceinte ressent des démangeaisons généralisées, particulièrement intenses la nuit et s’aggravant avec le grattage, cela peut signaler une affection hépatobiliaire sérieuse : la chole
Lorsqu’une femme enceinte ressent des démangeaisons généralisées, particulièrement intenses la nuit et s’aggravant avec le grattage, cela peut signaler une affection hépatobiliaire sérieuse : la cholestase gravidique. Cette pathologie, caractérisée par un ralentissement du flux biliaire et une accumulation d’acides biliaires dans le sang, survient généralement au troisième trimestre. Elle ne se limite pas à un inconfort cutané : elle augmente significativement le risque de complications fœtales, notamment d’hypoxie aiguë, de détresse foetale et de décès périnatal.
Le prurit est souvent le seul symptôme initial — sans éruption cutanée ni lésion visible — et prédomine sur les paumes des mains et les plantes des pieds, bien qu’il puisse devenir généralisé. Contrairement aux démangeaisons bénignes liées à la sécheresse cutanée ou aux allergies, celles de la cholestase ne répondent pas aux antihistaminiques ni aux émollients classiques. Un diagnostic rapide repose sur le dosage sanguin des acides biliaires totaux : une concentration ≥ 10 µmol/L confirme le diagnostic, même en l’absence d’anomalies des enzymes hépatiques.
La prise en charge repose sur trois axes : surveillance obstétricale renforcée (monitoring cardiotocographique régulier, échographies pour évaluer la croissance et le bien-être fœtal), traitement pharmacologique par l’acide ursodésoxycholique (UDCA) à dose de 10–15 mg/kg/jour pour réduire les concentrations d’acides biliaires et améliorer la fonction hépatique, et décision thérapeutique d’accouchement anticipé, généralement entre 37 et 39 semaines d’aménorrhée, selon la gravité clinique et biologique. Après l’accouchement, les symptômes régressent spontanément dans les 48 à 72 heures, mais un suivi hépatologique post-partum reste recommandé pour exclure une maladie hépatobiliaire sous-jacente.