Des sécrétions aqueuses au niveau du mamelon doivent-elles inquiéter ?
L’écoulement clair ou aqueux au niveau du mamelon peut susciter de l’inquiétude, mais il n’est pas systématiquement le signe d’une pathologie grave. Ce type de sécrétion — souvent décrit comme « trans
L’écoulement clair ou aqueux au niveau du mamelon peut susciter de l’inquiétude, mais il n’est pas systématiquement le signe d’une pathologie grave. Ce type de sécrétion — souvent décrit comme « transparent », « jaunâtre » ou « laiteux », parfois unilatéral et spontané ou déclenché par une compression — relève fréquemment de causes bénignes.
Les causes les plus courantes incluent les modifications hormonales physiologiques (notamment en période prémenstruelle, pendant la grossesse ou à la ménopause), les effets secondaires de certains médicaments (comme les antidépresseurs inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, les antipsychotiques ou les anti-hypertenseurs), ou encore des lésions bénignes du canal galactophore, telles que les papillomes intracanaliculaires ou les ectasies ductales. Ces dernières peuvent s’accompagner d’un écoulement unilatéral, parfois sanglant, mais restent généralement non malignes.
Cependant, tout écoulement mammelonnaire persistant, surtout s’il est spontané, unilatéral, associé à une masse palpable, à un rétrécissement cutané ou à un écoulement sanglant, justifie une évaluation clinique approfondie. Un bilan diagnostique standard comprend un interrogatoire détaillé, un examen clinique minutieux, une mammographie et/ou une échographie mammaire, voire une imagerie par résonance magnétique (IRM) ou une galactographie dans les cas complexes. Une cytologie du liquide sécrété peut être réalisée, bien qu’elle ait une sensibilité limitée pour détecter une néoplasie.
En l’absence de signes d’alarme, une surveillance clinique régulière est souvent suffisante. En revanche, la découverte d’une anomalie radiologique ou histologique, ou la persistance d’un écoulement inexpliqué après bilan, nécessite une prise en charge spécialisée, pouvant inclure une chirurgie conservatrice pour excision ciblée du canal concerné.
Il est essentiel de ne pas négliger ce symptôme, mais aussi d’éviter l’anxiété injustifiée : la majorité des écoulements aqueux sont bénins et réversibles. Une consultation précoce permet de poser un diagnostic précis et d’orienter la prise en charge de façon adaptée.