Quelle est la meilleure prise en charge des vertiges ?
Lorsqu’un patient se plaint de vertiges, la prise en charge ne peut être standardisée : elle dépend entièrement de la cause sous-jacente, identifiée après une évaluation clinique rigoureuse. Le vertig
Lorsqu’un patient se plaint de vertiges, la prise en charge ne peut être standardisée : elle dépend entièrement de la cause sous-jacente, identifiée après une évaluation clinique rigoureuse. Le vertige — sensation trompeuse de mouvement, souvent rotatoire — n’est pas une maladie en soi, mais un symptôme révélateur d’un dysfonctionnement au niveau de l’oreille interne, du système vestibulaire central ou de structures neurologiques associées.
La première étape consiste à distinguer le vertige périphérique (le plus fréquent, lié à l’oreille interne ou au nerf vestibulaire) du vertige central (d’origine cérébelleuse, tronc cérébral ou corticale). Des éléments clés orientent le diagnostic : la durée des crises (secondes dans la BPPV, minutes à heures dans la névrite vestibulaire ou la migraine vestibulaire, jours dans les syndromes ischémiques), la présence de signes neurologiques associés (atxie, diplopie, dysarthrie), ou encore la réponse aux manœuvres thérapeutiques comme celle d’Epley.
Pour la vertige paroxystique positionnel bénin (BPPV), la manœuvre de répositionnement canalolithique (par exemple, manœuvre d’Epley ou de Semont) constitue le traitement de première intention, avec des taux de succès supérieurs à 80 % après une ou deux séances. En cas de vertige aigu d’origine vestibulaire périphérique, comme la névrite vestibulaire, une corticothérapie précoce (prednisone 60 mg/j pendant 5 jours, puis sevrage progressif) peut réduire la durée et la sévérité des symptômes, bien que son efficacité reste débattue dans la littérature récente.
Le traitement médicamenteux symptomatique (antihistaminiques comme la bétahistine, anticholinergiques comme la scopolamine, ou benzodiazépines à courte durée d’action) doit rester ponctuel et limité dans le temps — généralement moins de 72 heures — afin d’éviter le freinage de la compensation vestibulaire naturelle. À long terme, la rééducation vestibulaire, supervisée par un kinésithérapeute spécialisé, s’avère essentielle pour restaurer l’équilibre postural, améliorer la tolérance aux mouvements et prévenir les récidives.
Enfin, toute suspicion de vertige central — notamment en présence d’antécédents vasculaires, d’atteinte neurologique focale ou d’apparition brutale chez un patient âgé — impose une évaluation neurologique urgente, incluant une imagerie cérébrale (IRM avec séquences FLAIR et DWI) pour exclure un accident ischémique cérébral ou une tumeur du tronc cérébral. Une approche personnalisée, fondée sur une anamnèse minutieuse, un examen clinique complet et des investigations ciblées, reste la clé d’une prise en charge optimale du vertige.