Que faire en cas de douleurs lombaires et abdominales le cinquième jour après un avortement chirurgical ?
Lorsqu’une douleur lombaire et/ou abdominale survient au cinquième jour après une interruption volontaire de grossesse (IVG), il est essentiel de distinguer les symptômes bénins, fréquemment observés dans le cadre d’un suivi post-interventionnel normal, des signes évocateurs de complications. Il est tout à fait courant d’observer, durant les 5 à 7 premiers jours suivant l’IVG, des contractions utérines spontanées accompagnées de douleurs pelviennes modérées, de crampes ou de sensations de tiraillement dans le bas-ventre ou le dos — ces manifestations résultent de la régression physiologique de l’utérus vers sa taille pré-grossesse et de l’élimination des résidus trophoblastiques.
Cependant, toute douleur intense, persistante ou en progression, surtout si elle s’associe à d’autres signes cliniques tels qu’une fièvre ≥ 38 °C, des saignements abondants (nécessitant plus d’une serviette hygiénique toutes les deux heures), des écoulements vaginaux malodorants, des frissons, des nausées ou des vomissements, doit faire suspecter une complication potentielle : infection utérine (endométrite), rétention de produits de conception, hémorragie secondaire ou perforation utérine. Dans ce cas, une consultation médicale immédiate est indispensable pour réaliser un examen clinique, une échographie pelvienne et, si nécessaire, des prélèvements microbiologiques ou une mesure des marqueurs inflammatoires (CRP, numération formule sanguine).
En l’absence de signes d’alarme, des mesures symptomatiques peuvent être proposées : repos relatif, application locale de chaleur douce sur la région lombaire ou abdominale, et prise d’antalgiques non stéroïdiens (par exemple, ibuprofène 400 mg par voie orale, trois fois par jour, sous réserve de contre-indications personnelles). L’aspirine et les AINS doivent être évités en cas de saignement actif important. Il est également recommandé d’éviter les rapports sexuels, les tampons et les bains chauds jusqu’à la reprise de la première règle post-IVG, afin de limiter le risque infectieux.
Enfin, n’oubliez pas que le suivi post-IVG est systématique : une consultation de contrôle est généralement programmée entre J15 et J21 pour évaluer la bonne évolution clinique, vérifier l’arrêt des saignements et discuter de la contraception adaptée. Si vos symptômes persistent au-delà de 7 jours ou s’aggravent à tout moment, ne tardez pas à contacter votre médecin traitant ou le centre qui a réalisé l’intervention.