Quelles sont les méthodes de surveillance du sperme ?
Pour évaluer la qualité et la fonctionnalité des spermatozoïdes, plusieurs examens biologiques et cliniques sont disponibles en pratique urologique et andrologique. L’analyse du sperme (ou spermogramme) constitue l’examen de première intention : elle permet de mesurer le volume éjaculé, la concentration, la mobilité (motilité progressive, non progressive et immobile), la morphologie (forme normale selon les critères de l’OMS), ainsi que la vitalité des spermatozoïdes. Ce test doit être réalisé après une période d’abstinence contrôlée de 2 à 7 jours, sur un échantillon recueilli par masturbation dans un récipient stérile et analysé dans les deux heures suivant la collecte pour garantir la fiabilité des résultats.
En cas d’anomalies détectées au spermogramme ou de suspicion clinique de dysfonction testiculaire, des investigations complémentaires peuvent être nécessaires : dosage sérique des hormones gonadotropes (FSH, LH) et de la testostérone totale, échographie scrotale haute résolution pour évaluer la structure testiculaire, la présence d’une varicocèle ou d’anomalies anatomiques, et, dans certains cas, une analyse génétique (caryotype, recherche de microdélétions du chromosome Y, test de la trisomie 21 chez le partenaire féminin si conception naturelle impossible). Des techniques plus spécialisées, comme le test de fragmentation de l’ADN spermatoïdien (TUNEL ou SCSA), peuvent également être indiquées en cas d’infertilité inexpliquée ou de récidives d’échecs de procréation médicalement assistée.
Il est essentiel de noter que la surveillance des spermatozoïdes ne se limite pas à un seul prélèvement : une interprétation fiable repose sur au moins deux spermogrammes espacés de 4 à 6 semaines, afin de tenir compte de la variabilité physiologique liée au cycle spermatogénique (environ 74 jours). Une prise en charge globale inclut également l’évaluation des facteurs de style de vie (tabagisme, consommation d’alcool, obésité, exposition aux toxiques environnementaux), ainsi que la recherche de comorbidités telles que le diabète, les troubles thyroïdiens ou les infections génitales chroniques.