Quels sont les traitements de la démangeaison vulvaire ?
Le prurit vulvaire est un symptôme fréquent pouvant avoir de multiples causes : infections (mycoses vaginales à Candida albicans, vaginose bactérienne, trichomonase), dermatoses inflammatoires (lichen scléreux, lichen plan, eczéma, psoriasis), troubles hormonaux (atrophie génitale post-ménopausique), réactions allergiques ou irritatives (à des produits d’hygiène, lessives, préservatifs), ou, plus rarement, des affections néoplasiques. Le traitement repose donc sur une évaluation rigoureuse incluant un interrogatoire détaillé, un examen clinique minutieux de la vulve et, si nécessaire, des examens complémentaires (frottis vaginal, mycologie, pH vaginal, biopsie cutanée). En l’absence de cause identifiable, on parle de prurit vulvaire idiopathique, qui nécessite une prise en charge symptomatique et multidimensionnelle.
La prise en charge thérapeutique doit être individualisée. En cas de candidose, les antifongiques locaux (clotrimazole, miconazole) ou oraux (fluconazole) sont indiqués. Pour la vaginose bactérienne ou la trichomonase, des antibiotiques comme le métronidazole ou le tinidazole sont prescrits. Lorsqu’un lichen scléreux est diagnostiqué, un corticoïde topique puissant (ex. clobétasol 0,05 %) est recommandé en première intention, suivi d’un sevrage progressif pour éviter les récidives. Dans l’atrophie génitale liée à la ménopause, les traitements locaux à base d’œstrogènes (crème, ovule ou anneau vaginal) ou le prasterone (déhydroépiandrostérone) peuvent restaurer l’intégrité tissulaire et soulager le prurit. Il est également essentiel d’associer des mesures hygiéno-diététiques : éviter les savons parfumés, les lingettes, les sous-vêtements synthétiques ; privilégier des vêtements amples en coton ; maintenir une hydratation locale avec des émollients sans parfum ni conservateurs irritants (ex. vaseline blanche pure).
Enfin, dans les formes réfractaires ou associées à une composante neurologique ou psychosomatique, une approche pluridisciplinaire impliquant gynécologue, dermatologue, médecin généraliste et, si besoin, psychiatre ou psychologue peut s’avérer indispensable. Une surveillance régulière est recommandée, notamment en cas de lésions persistantes, ulcérées ou pigmentées, afin d’exclure toute transformation maligne.